écoutez: Les mots sont importants, entretien avec Sylvie Tissot et Pierre Tévanian du collectif "Les mots sont importants"

Les mots sont importants Entretien avec Sylvie Tissot et Pierre Tévanian du collectif "Les mots sont importants"

Là-bas si j'y suis

par Daniel Mermet

jeudi 6 mai 2010

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écoutez: « Là-bas si j’y suis », Monde diplomatique autour du numéro de mars.

Vendredi 12 mars, dans « Là-bas si j’y suis », sur France Inter, Daniel Mermet s’entretenait avec l’équipe du Monde diplomatique autour du numéro de mars. Une émission enregistrée en public à la Java, à Paris.

Serge Halimi résume la situation à la sortie de la crise : « Pour les Etats, ça se passe mal ; pour les banques, ça se passe bien. »

« Un pays peut-il faire faillite ? » Non, répond Laurent Cordonnier, mais la peur suscitée par cette menace permet de justifier les plans d’austérité les plus redoutables. Pour renflouer les comptes publics, l’économiste et son confrère Frédéric Lordon suggèrent simplement de « taxer les riches ».

Maurice Lemoine raconte « un western spaghetti à la sauce tomate » : le reportage de Pierre Daum et Aurel consacré au parcours peu engageant d’une tomate espagnole.

Thomas Deltombe décrit les talents des conseillers en communication français qui exercent leur art auprès des dirigeants africains

Enfin, David Garcia explique comment le rugby, sport amateur, est devenu un marché lucratif

Information trouvée sur le site du Monde diplomatique

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Observatoire des sondages

Pourquoi ?

Les sondages sont censés exprimer l’opinion publique. Quand celle-ci est sinon souveraine du moins obsessionnellement invoquée, il faut bien s’interroger sur la nécessité d’un contrôle. La croyance optimiste en un progrès indéfini est paresseuse. Elle est pourtant à l’œuvre dans la célébration d’une sorte de démocratie immédiate voire directe qui s’exercerait grâce aux sondages. S’il est quelques raisons de ne pas exclure par principe des progrès techniques, il en est d’autres qui mettent sérieusement en doute une augmentation de leur fiabilité. Leur place croissante dans les luttes politiques favorise par ailleurs des usages manipulatoires contre lesquels il serait très optimiste d’imaginer que la clairvoyance du public est un solide antidote.

La question du contrôle des sondages a d’abord été posée comme un risque policier qui a amené les pionniers à récuser toute idée de contrôle officiel. Dans leur répugnance, le souci d’indépendance se mêlait à un intérêt économique bien compris. Quand des instances de contrôle légal ont été instituées comme en France avec la Commission des sondages, leur rôle a été soigneusement limité et de toute façon contesté dès qu’il s’exerçait réellement.

La confiance dans les mécanismes d’autocontrôle par le marché dont les sondeurs se réclament toujours est-elle suffisante ?

Le débat dépasse largement les seuls sondages. Il faut un mélange paradoxal et banal de naïveté et d’intéressement pour soutenir que les sondeurs sont contraints – sans parler même des trucages – à bien faire leur travail pour ne pas perdre la confiance de leurs clients. Comme en d’autres domaines, la croissance du secteur d’activités est un facteur de baisse de la qualité.

Par ailleurs, au-delà du contrôle strictement technique, l’autocontrôle et le contrôle réciproque n’examinent guère les usages des sondages.

L’invocation d’une sorte de sagesse ordinaire ou de compétence spontanée des citoyens est commode mais démentie à la fois par l’ignorance commune sur la technique et la propension très compréhensible à apprécier la valeur des sondages au regard de ses désirs : mauvais s’ils contrarient, bons s’ils satisfont. Le piège le plus efficace des sondages est bien de les prendre au sérieux en fonction de leur utilité tactique ou psychologique et non de leur fiabilité.

Un contrôle scientifique irrégulier a parfois alimenté la polémique. Il est cependant trop peu soutenu pour limiter les dérives productivistes et manipulatoires des sondages. Les scientifiques ont le devoir d’exercer une vigilance épistémologique et critique à la fois sur les sondages et sur leurs usages. Ils sont aussi concernés parce que les sondeurs invoquent une autorité scientifique qui met en jeu leur propre crédit. Ils ne sont ni les praticiens ni les bénéficiaires de cette activité économique et politique mais ils en subissent aussi les effets.

L’Observatoire des sondages exerce une veille scientifique sur les différentes facettes des sondages, non seulement les aspects méthodologiques des enquêtes et des statistiques mais aussi sur leur publication, leurs usages confidentiels et les commentaires politologiques ou journalistiques qui en sont faits quotidiennement.

Qui sommes nous ?

Rédaction : Alain Garrigou, Richard Brousse.

Comité scientifique de l’Observatoire des sondages

* Patrick Champagne, Chargé de recherches au Centre de sociologie européenne (CNRS/EHESS).

* Alain Garrigou, professeur de science politique, Université de Paris Ouest-Nanterre.

* Daniel Gaxie, professeur de science politique, Université de Paris I (Panthéon-Sorbonne).

* Bernard Lacroix, professeur de science politique, Université de Paris Ouest-Nanterre.

* Patrick Lehingue, professeur de science politique, Université de Picardie Jules Verne.

Webmestre : Richard Brousse

http://observatoire-des-sondages.org

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video: « Vers la fin des journaux imprimés ? », avec Bernard Poulet («Jeudi d’Acrimed») (le 31/12/2009)

« Vers la fin des journaux imprimés ? », avec Bernard Poulet («Jeudi d’Acrimed»)

Voir la vidéo sur le site d'Acrimed http://www.acrimed.org/article3278.html ------------------------------------------------------

24 novembre, Intervention d'Olivier Mauco

24 novembre, 21H30, Intervention d'Olivier Mauco Les contenus politiques et idéologiques dans les jeux vidéo sur l'espace second life Médias Critique (à l'invitation de Kraken-Art)

Écoutez Mauco dans l'émission sur le serious game: Place de la toile, France Culture http://www.gameinsociety.com/post/2009/11/14/Emission-sur-le-serious-game-%3A-Place-de-la-toile%2C-France-Culture

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Préférez-vous manger "bon et pas cher" ou "mauvais et onéreux" ? (le 6/10/2009)

A en croire une chaîne française en clair à midi, produire du lait n’a jamais aussi peu rapporté depuis dix ans, alors que les prix dans les rayons de nos supermarchés explosent. Pas besoin d’être Einstein pour voir qui s’en met plein les poches...

Dans l’article http://tf1.lci.fr/infos/economie/consommation/0,,3724006,00-supermarches-qui-profite-prix-.html on peut lire : « Au supermarché, les prix flambent. S'il fallait encore s'en convaincre, le numéro de mars de 60 millions de consommateurs, confirme que beurres, yaourts, pâtes, céréales, biscottes, pains de mie, riz et autres jambons ont vu leurs prix s'envoler de 5% à 48% entre novembre et janvier. » Détrompez-vous, ce ne sont pas les personnes à la caisse qui encaissent, non, non, non, loin de là...

En parallèle, si vous avez le temps tapez « Carrefour Amende » dans Google, vous pourrez trouver des articles tels que : http://www.leparisien.fr/economie/carrefour-risque-de-payer-220-000-eur-d-amende-08-05-2009-505476.php .

De leur côté, les producteurs se révoltent, versent du lait, répandent leur « colère blanche » à travers l’Europe jusqu’à Bruxelles. Heureusement, le gouvernement a des idées : inciter les banques à leur proposer des crédits à seulement 3% pour offrir à nos producteurs une avance de trésorerie moyennant endettement, ainsi qu’une exonération ou un report fiscal. Or n’oublions jamais que ce n’est jamais un gouvernement qui fait des largesses, c’est le contribuable.

Résumons tout ça : un producteur se fait arnaquer face à des distributeurs qui abusent de leur position de force (vous souvenez-vous de l’inimitable Daniel Prévost dans « La vérité si je mens 2 » ?). Comment justice est faite ? Le producteur doit s’endetter (pour une activité qui va de toute façon lui faire perdre de l’argent, rappelons-le), le contribuable est mis à contribution, et en parallèle, des entreprises appartenant aux CAC40 s’enrichissent (grande distribution, banques, industries agro-alimentaires). Bien souvent, il n’y a pas de solutions simples aux problèmes. Trop fréquemment, seul l’OMC ou les gouvernements peuvent agir. Or cette fois, il existe une solution. Vous pouvez agir, vous avez le choix. Voici vos deux options :

Ø Continuer à acheter des produits de qualité douteuse, pas toujours très frais, chers, en encourageant la loi du profit

Ø Changer vos habitudes, et acheter des produits frais, qui ont du goût, qui n’ont pas traversé les frontières dans des containers, à des prix défiant toute concurrence.

Choix difficile ? Vous êtes sceptiques ?

Allez donc sur des sites tels que http://www.producteursdemaregion.com/ ou http://www.actionconsommation.org/publication/ et offrez vous un alimentation plus saine, plus savoureuse et moins chère tout en devenant des consommateurs responsables...

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25 septembre, Présentation du livre Écologie sociale de l'oreille. Enquêtes sur l'expérience musicale

25 septembre, 21H30, Olivier Roueff et Anthony Pecqueux viennent vous présenter l'ouvrage Écologie sociale de l'oreille Enquêtes sur l'expérience musicale (http://artsetmondesocial.blogspot.com/2009/09/ecologie-sociale-de-loreille-enquetes.html), sur l'espace second life Médias Critique (à l'invitation d'Arts et monde social)

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Espace second life de Médias Critique

Écologie sociale de l'oreille

Enquêtes sur l'expérience musicale

Edité par Anthony Pecqueux, Olivier Roueff

Collection En temps et lieux

Éditeur Éditions de l'École des hautes études en sciences sociales

Orientation-un bon plan (le 1/9/2009)

➢ Un bébé tué par une voiture à Narbonne-plage

➢ Incendie à un mariage au Koweït: l'ex-femme incriminée, 43 morts

➢ Savoie: un enfant de 13 ans se tue lors d'une promenade

➢ Fracture du crâne pour le célèbre torero "El Fundi"

➢ Le 200e soldat britannique tué en Afghanistan

➢ Premier décès dû à la grippe A(H1N1) au Japon

➢ L'effondrement d'une passerelle piétonne à Etaples fait un mort

➢ Inde : une touriste française piétinée à mort par des éléphants

C’est quoi, cette liste ? Ca, ce sont les informations d’une chaîne d’information de la TNT le 16 août 2009 au matin, qui tournaient en boucle. Bien sûr il n’y avait pas que ça. Mais c’est (de mémoire) 8 informations qui occupent le premier plan d’un journal dédié aux informations.

Pour moi, c’est à l’origine de plusieurs questions : quelle est la fonction des médias ? qu’est-on en droit d’attendre d’un journal télévisé ? de quelles informations avons-nous besoin ? à quoi sert de faire le tour de la rubrique fait divers ? qu’est-ce qui différencie un journal télévisé de la presse locale ?

Je repense aussi aux différentes annonces, des scoops ou comme dit la chaîne « une information i-télé/BFM/RTL » ensuite démenties car non vérifiée. Et à la chanson de Mickey 3D : « La France a peur, tous les soirs à 20h ».

Pour moi, le but des informations, c’est de nous donner les clés qui nous permettent de mieux comprendre le monde, d’être vigilants, de voter, de nous mobiliser.

Personnellement, je ne vois pas ce que cette liste peut m’apporter, en dehors d’une bien évidente compassion pour les familles.

Je vois plusieurs explications :

- les médias cherchent à faire du sensationnel : « le poids des mots, le choc des photos »

- les médias cherchent à nous détourner des vrais sujets qui nous concernent en nous laissant apeurés, effrayés par des drames personnels

- les médias se font la course au scoop, quitte à diffuser n’importe quoi, ce qui fera parler, pour être les premiers « l’info i-télé/BFM/RTL », quitte à ne pas vérifier l’information et s’excuser après : Yves Saint Laurent, Pascal Sevran, le « petit Louis », ou la magnifique gaffe de la photo scoop pendant le crash du « Rio-Paris », quitte à envoyer des bac+5 en journalisme assurer des duplex pour comprendre comment un garçonnet est tombé d’un jet ski sur un plan d’eau.

Est-ce que le métier de journaliste consiste à effrayer les gens en couvrant la rubrique faits divers de tous les départements sans vérifier les sources ? Dans ce cas, j’ai enfin une bonne nouvelle.

Les ados, parfois un peu désorientés et sans but disent qu’ils cherchent un métier peinard, bien payé, qui les rende célèbres et leur permettent de côtoyer la jet set, avec une retraite rapide et confortable. Voilà ma bonne nouvelle pour eux : il y avait déjà la politique, ou plutôt le métier de député (pas tous, mais quand on n’a aucune éthique personnelle, on peut vraiment être peinard), ils vont désormais pouvoir être journalistes (pas pro, hein, inutile d’aller risquer sa vie en Afghanistan pour un Pullizer, juste à la télé, parce qu’en plus, c’est bien mieux payé).

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Duplicité (le 16/6/2009)

Je m’étrangle ! C‘est la fin de la journée, tout est calme dans la maison, je lis le journal, bien calé dans mon fauteuil… et, je m’étrangle !


La caisse d’épargne s’offre une pleine page « plus que jamais les banques du groupe caisse d épargne font confiance aux chefs d’entreprise (…) pour que votre confiance en l’avenir reste intacte ».


On est le 20 octobre 2008, dans un contexte de crise mondiale, où le monde de la finance avoue des pertes qu’il ne sait pas même évaluer, où des banques font faillite, où les entreprises licencient … la caisse d’épargne refait l’histoire à sa manière sans vergogne. On aurait dû lire « les chefs d’entreprise (les foyers) se demandent  s’ils doivent faire confiance à leurs banques », et pas l’inverse !!


Est-ce que les banquiers, les publicistes, sont si éloignés de notre vie qu’ils ne savent plus ce qu’ils racontent, ni même à quel public ils s’adressent? Sont ils enfermés dans leur monde comme des autistes ?


Ou est-ce de la propagande nous imposant avec un culot monstrueux l’inverse de la réalité ? Veulent ils détruire notre pouvoir de réflexion, nous nettoyer le cerveau entre la météo et le programme télé ? Cette pub est dangereuse car elle semble anodine, presque enfantine avec l’écureuil qui ressemble à une peluche innocente. Dans ce journal, au milieu d’articles qui dénoncent les dérives bancaires, la caisse d’épargne détourne à son compte la réalité. Et en grand ! Une pleine page ! « Aie confiance, je suis Kaa, ton ami » disait le python à Mowgli , tout en l’hypnotisant pour l’avaler. « Pour que votre confiance en l’avenir reste intacte », nous dit l’écureuil !


Cette pleine page semble innocente, mais ceux qui l’ont conçue, en affirmant ce contre sens avec aplomb, agissent sur les conceptions même de la pensée.

Vous allez me dire qu’il n’y a là rien de nouveau et que déjà les journaux de 1820 faisaient l’opinion…


Combien d’autres pièges nous sont tendus chaque jour ?

Comment faire pour résister ?


Ça m’énerve !!!


Rudyard


PS : Je conseille la lecture   On achète bien les cerveaux de Marie Bénilde. Ce petit livre est passionnant car il nous parle simplement d’ « imposture intellectuelle », ce qui brouille nos repères pour faire de nous des êtres passifs.

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Psychose dans les médias (le 27/4/2009)

J.T de juillet XXXX, sur la chaîne Y : « C’est le début des grandes vacances, les français vont partir pour un repos bien mérité, mais on anticipe déjà une recrudescence des accidents de voitures, une augmentation dramatique des MST. Plusieurs enfants vont se noyer dans des piscines, des vacanciers vont retrouver leur maison cambriolée à leur retour. Certains de nos concitoyens qui partent en Inde ou au Brésil vont probablement se faire tuer ou voler un organe. » Ridicule, hein ? Pas tant que ça en fait.

  J’ai regardé les informations hier, c’était le 26 avril 2009, sur France 2 à 20h, alors que l’épidémie de grippe aviaire prend de l’ampleur. La semaine dernière déjà, j’avais été choquée par un bandeau d’i-télé qui titrait « pandémie » pour une maladie qui avait à l’époque touché 20 personnes.

Hier c’était un festival. J’ai relevé quatre éléments, mais je suis sur qu’en étant plus attentive, j’en aurais relevé beaucoup plus :

-         on voyait des gens groupés sans masque devant les hôpitaux, devant les grilles des églises fermées, un crieur qui vendait ses journaux dans la rue, des automobilistes qui se promenaient fenêtre ouverte. Ca m’a choquée : comment pouvaient-ils être si peu prudents ? Néanmoins, France 2 a trouvé pertinent d’y ajouter le commentaire d’une touriste qui venait de rentrer et témoignait : « c’est la psychose, là bas ». Ah bon ?

-         ils ont interviewé un homme dans la foule, pas un médecin, un responsable politique ou un expert, non, non, juste quelqu’un comme vous et moi qui témoignait à son tour : « je suis sûr qu’on nous cache la vérité et que l’épidémie est beaucoup plus répandue que ce que l’on veut bien nous dire »

-         puis, Laurent Delahousse balance l’équivalent de cette phrase, l’air de rien : « on redoute que le virus ne mute et ne devienne beaucoup plus dangereux », crainte de  l’OMS mais qui pour l’instant n’a rien d’avéré

-         et pour finir, on nous parle de 4 cas suspects en France, tellement suspects d’ailleurs que ces cas n’avaient rien, en fait, comme les médias nous en ont informés le lendemain

J’ai donc deux conclusions possibles :

-         Le Mexique, en pleine hystérie collective, nous cache que son virus particulièrement dangereux fait des ravages dans sa population, la France est elle-aussi touchée et il faut qu’on tremble, parce que le virus va bientôt être plus grave

-         Le Mexique a relevé plusieurs cas de grippe porcine, qui a déjà fait près de 20 morts sur 107 millions d’habitants. La population s’organise et les autorités prennent les mesures qui s’imposent pour éviter une trop importante propagation du virus qui, dans son état actuel est soignable avec un traitement classique

Je me suis fait offrir un livre à Noël que je n’ai que feuilleté pour l’instant (shame on me), mais que j’ai ressorti pour l’occasion : Overdose d'info : Guérir des névroses médiatiques de Michel Lejoyeux, Psychiatre à Paris dont voici le résumé : « Les news se suivent et semblent obéir à la loi des séries : attentats, crashs aériens, cyclones et autres tremblements de terre... Les gros titres des quotidiens et des journaux télévisés nous plongent dans l'angoisse. Une angoisse sans cesse éveillée - on se souvient des images du 11 septembre diffusées en boucle sur nos écrans - qui mène facilement à la névrose hypocondrie médiatique, boulimie d'informations, compulsions... Les actualités tournent à l'obsession. Spécialiste de l'addiction, le professeur Michel Lejoyeux nous aide à comprendre les mécanismes pervers de notre rapport à l'information et nous donne des pistes pour sortir de l'angoisse et de la dépendance. »

Je crois que tout est là. Pour paraphraser Alain Souchon : « on nous inflige des désirs qui nous affligent ». Pensant qu’on recherche le sensationnel, les journalistes ne sélectionnent que l’information choc et anxiogène, qui nous entretient dans une peur permanent, une inquiétude sourde qui nous incite à suivre l’actualité pour savoir si nos craintes sont justifiées. On distille des rumeurs inquiétantes, des sous-entendus sombres pour que, sans affirmer une information erronée, on arrive seul à la conclusion la plus noire et la plus négative.

Un mécanisme similaire plus sournois existe également : nous entretenir dans la peur des autres, en parlant des violences urbaines, de fous dangereux échappés de l’asile, des bandes de « jeunes » armées et redoutables, de la racaille incontrôlable et sociopathe des banlieues. Etes-vous comme moi ? J’ai le sentiment en écoutant les informations que la délinquance n’a jamais été plus forte, que les « jeunes » ne respectent plus rien et qu’il existe un vivier de dangereux bandits dans chaque banlieue. Je pense que ce matraquage médiatique à deux buts non avoués : nous entretenir dans nos angoisses et servir un parti dont le principal slogan est d’assurer la sécurité de tous les français. A nouveau, deux interprétations possibles :

-         l’insécurité est en augmentation croissante. Dans ce cas, il est peut-être temps de demander à l’homme qui a été ministre de l’Intérieur de 2002 à 2007, puis président de 2007 à 2012 s’il ne serait pas temps qu’il remette son activité en question. N’est-ce pas lui qui serine sans cesse : « les ministres, comme dans les entreprises, doivent avoir des résultats » ? Si l’insécurité est en hausse, c’est peut-être qu’il est mauvais dans son travail.

-         l’insécurité est en baisse. Notre président a bien travaillé, mais dans ce cas, qu’on arrête de nous matraquer avec des informations impressionnantes, de nous entretenir dans une angoisse permanente et la peur de l’autre. Et demandons à l’UMP de cesser d’en faire son cheval de bataille et de renforcer les mesures. Si l’insécurité baisse, continuons simplement avec ce qui existe, et améliorons notre suivi et nos prises en charge, car les prisons françaises surpeuplées font la honte de notre pays.

-         Certains d’entre vous vont dire : « la violence augmente mais est sans cesse jugulée par notre héroïque président ». S’il n’était pas là, elle serait 10 fois pire. Dans ce cas, je vous demanderai de vous poser la question : « pourquoi la France serait un pays si violent ? » Car la violence ne tombe pas comme ça par hasard sur quelqu’un, et c’est souvent une nation qui génère ses propres délinquants.

  Dans tous les cas, il y a un malaise, et une information qui est mauvaise...

Pourquoi les journalistes ne feraient-ils pas enfin leur vrai travail : nous communiquer une information réel, avérée, vérifiée. Une information sans parti pris, sans tendance politique. Comment tolérer cette désinformation pathétique et constante ? Soyons donc vigilants : c’est désormais à nous qu’incombent la tâche de vérifier la véracité de l’information puisque les journalistes ne veulent plus faire leur travail pourtant superbement rémunérée pour certains d’entre eux…

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Le 17 avril sur l'espace second life du Collectif Pierre Bourdieu un hommage, Julie SEDEL pour Les Médias & La Banlieue

(mis en ligne le 31/3/2009)

Julie SEDEL pour Les Médias & La Banlieue

17 avril, à 21H30, sur l'espace second life du collectif Pierre Bourdieu un hommage, Julie Sedel fera une présentation/discussion de son ouvrage Les Médias & La Banlieue (à l'invitation de Médias Critique http://mediascritique.blogspot.com/ et Pierre Bourdieu un hommage) http://bourdieuhommag.podemus.com/cat/interventions/interventions/

(le collectif organise ses Interventions sur second life, monde virtuel en 3D gratuit

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vidéo: « Les médias et la crise », par Frédéric Lordon

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12 décembre, 21h à l'invitation de Arts et monde social sur l'espace second life de Médias critique, rencontre avec Marc Moana, participez à une création artistique (le 25/11/2008)

Marc Blieux / Marc Moana dans Second Life, artiste transdisciplinaire, créateur et porteur du projet AIRE vous invite à participer à une création artistique.

La soirée commencera par la présentation de sa dernière œoeuvre, "Nous qui désirons sans fin", d'après le livre de Raoul Vaneigem du même nom.

Puis une discussion débat vous est proposée sur le thème "la peur dans les médias", Peur de la crise financiére, peur du chômage, peur de l'insécurité, peur de la perte du pouvoir d'achat...

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http://slurl.com/secondlife/Ecologia%20Island/142/206/258/?title=Ecologia Island),

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13 novembre, Olivier Mauco pour une présentation de la revue Quaderni n°67 (le 12/11/2008)

À l’invitation de Médias critique, 13 novembre, à 21H30, sur l’espace second life du collectif Pierre Bourdieu un hommage.

Olivier Mauco fera une présentation/discussion de la revue Quaderni, n°67/automne 2008

Jeu vidéo et discours : violence, addiction, régulation

http://bourdieuhommag.podemus.com/2008/10/270/

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http://slurl.com/secondlife/Fairchang%20Paraiso/231/213/26?title=Pierre%20Bourdieu%20un%20hommage),

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à lire: Charles Pennequin, pas de tombeau pour mesrine (le 11/8/2008)

Charles Pennequin, pas de tombeau pour mesrine, ed. al dante, 86 p. ISBN: 978-2-84761-999-7.

Un changement dans le travail de Pennequin, une plus grande prise de risque dans l'écriture poétique ........

G.Q.

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compte rendu: Christian Prigent, Le monde est marrant (vu à la télé), POL (le 18/7/2008)

Ces chroniques écrites de 2004 à 2006 (à la demande de Thierry Guichard) sont une interrogation sur notre complaisance à l'égard de la télévision et sur la racine de cette volupté régressive face au pire.

G.Q.

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Quelques propositions pour les actions du mouvement social.

(mis en ligne le 15/6/2008)

-Critiques des Médias Dominants (voir Acrimed), analyses du langage véhiculé dans ces médias (voir le collectif Les mots sont importants).

-Créations de médias alternatifs (forme coopérative?)

-Utilisations des nouveaux médias pour la production et la diffusion de la pensée critique (mondes virtuels, etc.).

-Contributions des producteurs culturels pour "rendre sensibles les forces intelligibles" (Pierre Bourdieu, Comprendre, in Daniel Buren Mot à mot, 2002) en complément de l'analyse des chercheurs.

-Faire un travail d'écrivain public.

-Propositions politiques réalistes dans un langage compréhensible par tous.

G.Q.

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Débat le 23 mai, le bilan d'une année de contrôle des citoyens

(mis en ligne le 16/5/2008)

Prochain débat le vendredi 23 mai, à partir de 21H30, sur l'espace second life de Médias Critique.

Nous ferons un bilan d'une année de contrôle des citoyens par le pouvoir en place:

contrôle des médias (affaire AFP, etc.)

contrôle des jeunes (mosquitos, etc.)

contrôle des chomeurs (obligés d'accepter des boulots à distance, ce que les personnes ayant déjà un emploi et à qui on proposerait de changer simplement l'emplacement de leurs locaux a une distance de plus d'une heure refuseraient pour chercher un travail à côté de chez eux)

contrôle policier (des pauvres bien sûr pas des délinquants en col blanc)

Sur l'espace de Médias Critique à partir de 21H30 MÉDIAS CRITIQUE, Ecologia Island 130, 202, 259

Espace second life de Médias Critique

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Le 23 avril sur l'espace second life du Collectif Pierre Bourdieu un hommage, Mathias Reymond, à propos du livre Tous les médias sont-ils de droite ?

(mis en ligne le 16/5/2008)

le 23 avril, conférence-débat, présentée et animée par Mathias Reymond, à l'occasion de la sortie de son livre co-écrit avec Grégory Rzepski (pour ACRIMED), Tous les médias sont-ils de droite ?, Éditions Syllepse

Espace second life du collectif Pierre Bourdieu un hommage.

à l'invitation de Médias Critique http://mediascritique.blogspot.com/2008/04/le-23-avril-mathias-reymond-tous-les.html

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« L’information, c’est notre affaire » Appel à une deuxième session des Etats généraux pour le pluralisme et la déclaration finale de la session 2006

(mis en ligne le 5/2/2008)

Le 3 octobre 2005, était lancé un appel à des Etats généraux pour une information et des médias pluralistes. Cet appel a été suivi notamment d’une Rencontre nationale des médias associatifs tenue à Marseille en mai 2006 et d’une première session des Etats généraux qui s’est déroulé le 30 septembre 2006. Une Déclaration finale de cette session a été adoptée que nous joignons à ce nouvel appel.

« L’information, c’est notre affaire » Appel à une deuxième session des Etats généraux pour le pluralisme

À Sarkoland, le pouvoir politique et le pouvoir médiatique se tiennent par la main.

Rarement, depuis des décennies, l’interdépendance entre le premier, administré nationalement pas un chef de clan, et le second, détenu par une oligarchie de plus en plus concentrée, a atteint un tel degré.

Faut-il le rappeler ? Pour remplir leur fonction démocratique, les médias devraient être soustraits à l’emprise des pouvoirs économique et politique. Or, ce n’est manifestement le cas ni des médias privés, ni des médias publics. Les logiques financières qui prévalent dans les premiers ont désormais gagné les seconds, au point que le secteur public ne semble devoir son maintien qu’à la perpétuation de sa dépendance politique : un maintien dans un périmètre de plus en plus réduit et une dépendance accrue si, telle qu’elle est prévue, la suppression de la publicité au seul bénéfice des chaînes privées devait être confirmée. Quant aux médias qui ne relèvent pas secteur public ou qui ne sont pas assujettis à des groupes financiers – et notamment les médias du tiers secteur associatif - ils sont fragilisés, voire asphyxiés.

C’est pourquoi la qualité et la diversité de l’information (mais aussi du divertissement et de la culture) sont gravement compromises. L’enjeu est d’importance. Le droit à l’information - le droit d’informer et le droit d’être informés – ne doit pas être simplement proclamé : il doit être garanti (comme tous les droits sociaux aujourd’hui menacés par la conjugaison du libéralisme économique et de l’autoritarisme politique) et bénéficier en conséquence des ressources correspondantes.

L'information, c'est notre affaire. Ce n'est pas ni celle des gouvernants et des propriétaires des médias, ni celle des chefferies éditoriales et des prétendues élites qui les servent, ni celle des publicitaires qui la défigurent et des chargés de communication qui la maquillent. C'est celle de chacun et de tous, et particulièrement des journalistes professionnels, des médias du tiers secteur, des associations d'usagers et de critique des médias, des syndicats et des associations. Le droit d’informer devrait être accessible à tous ; tous devraient disposer des moyens appropriés de l’exercer. Quelles propositions, quelles actions pour les obtenir ?

L’information, est un bien public. Ce n’est pas – ce ne devrait pas être - un bien privé dont les propriétaires des médias, le patronat et les gouvernants disposent à leur gré, en multipliant notamment – visibles ou invisibles - les censures arbitraires, ainsi que les secrets discrétionnaires. Le droit d’être informé ne devrait excepter aucun aspect de la vie économique, sociale, culturelle et politique. Quels moyens, quelles actions pour le protéger et le développer ?

Parce que le Sarkoland n’est pas un parc de loisirs, parce que la garantie du droit à l’information exige une mobilisation à la hauteur des enjeux, parce que la « civilisation » que nous promettent l’accélération des concentrations, la marginalisation du secteur public et l’étouffement des médias associatifs et indépendants, n’est pas la nôtre.

Nous appelons tous les citoyens attachés à une information indépendante et pluraliste, les journalistes, créateurs et salariés des médias, les acteurs des médias associatifs, les intermittents et précaires de tous les métiers de l’information et de la culture, les militants et responsables des mouvements syndicaux, associatifs et politiques, les mouvements d’éducation populaire, toutes celles et tous ceux qui entendent résister à l’information et à la culture mercantiles, à se joindre aux Etats généraux pour une information et des médias pluralistes (qui tiendront ainsi leur deuxième session).

« L’information, c’est notre affaire » Appel à une deuxième session des Etats généraux pour le pluralisme

Samedi 17 mai 2008 à Paris

Liste provisoire des premiers signataires (4 février 2008) : ACJ (Association des Cyberjournalistes) - Acrimed (Action-Critique Médias) – ATTAC - CMTS (Convergence des Médias du Tiers Secteur) – Corali (Coopération des radios libres) – Ecran d’Arrêt – Fédération Syndicale unitaire (FSU) - FNVDPQ (Fédération Nationale des Vidéos de Pays et de Quartiers) - Le Dispositif - Métazone TV - Radio Galère (Marseille) – Les Pieds dans le PÄF - Rézo citoyen - SNJ (Syndicat National des Journalistes) – SNJ-CGT (Syndicat National des Journalistes-CGT) - Sud-AFP – Sud Culture Solidaires – Union Syndicale Solidaires.

Les formations politiques qui avaient soutenu la première session ont été à nouveau sollicitées pour apporter leur soutien. Certaines réponses sont encore attendues.

Adresse du site : http://www.etats-generaux-medias.org/

Contact

- Par courriel : contact@etats-generaux-medias.org

- Par téléphone : Eric (06 77 95 33 65) ou Henri (06 21 21 36 13)

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Etats Généraux pour le pluralisme – Saint Denis 30 septembre 2006

Déclaration finale de la première session des Etats Généraux pour le pluralisme

Pour des mÉdias soustraits à l’emprise des pouvoirs Économiques et politiques

Plus de 150 associations, syndicats, médias associatifs, soutenus par de nombreuses forces politiques, ont appelé, dès octobre 2005, à des Etats généraux pour une information et des médias pluralistes. Une première session nationale des États Généraux s’est tenue à la Bourse du travail de Saint-Denis le samedi 30 septembre 2006.

A quelques mois de l’élection présidentielle et des élections législatives, nous en appelons aux mouvements syndicaux, associatifs et politiques, aux mouvements d’éducation populaire, à toutes celles et à toux ceux qui entendent résister à l’information et à la culture mercantiles, pour qu’ils soumettent au débat démocratique nos exigences et que les candidats prennent des engagements précis sur nos propositions.

Sans anticiper sur l’adoption d’une plate-forme soumise à tous les participants lors d’une prochaine session des Etats Généraux, les associations, syndicats et médias associatifs signataires ayant contribué à la tenue de cette première session, livrent au débat les pistes suivantes sans préjuger des discussions ultérieures.

Pour garantir les droits d’informer et les droits à l’information contre toutes les tentatives politiques et économiques de les confisquer.

Des dispositions doivent être prises contre les effets conjoints de la concentration et de la financiarisation des médias, qui menacent non seulement la pluralité des médias et l’existence de certains d’entre eux, mais aussi l’expression du pluralisme des informations et des opinions. S’imposent en particulier : un renforcement de la législation anti-concentration ; une refondation des aides publiques à la presse, pour que celles-ci bénéficient prioritairement aux médias sans but lucratif, aux médias d’information généraliste et à faibles ressources publicitaires.

Des dispositions doivent être prises pour que les médias soient soustraits aux pressions et aux chantages du pouvoir politique, national ou local, ainsi qu’aux appétits financiers et aux options éditoriales de leurs propriétaires. S’imposent en particulier : l’interdiction pour des groupes bénéficiant de marchés publics de posséder des entreprises médiatiques ; la création d’une nouvelle instance de régulation des médias qui, démocratique celle-là, doit se substituer au CSA ; l’attribution de nouveaux droits collectifs aux rédactions et aux syndicats des salariés des entreprises médiatiques.

Pour préserver et développer le service public de l’audiovisuel.

Le secteur public de l’audiovisuel doit être en mesure de remplir ses fonctions de service public. Son animation et sa gestion doivent être largement démocratisées. Sa créativité doit être libérée des enjeux commerciaux qui l’incitent à se battre avec les mêmes armes, les mêmes programmes que les médias privés. A cette fin, il doit bénéficier d’un financement indépendant de la publicité à la hauteur de ses missions et de garanties démocratiques qui le soustraient au chantage politique des gouvernants.

Non seulement toute nouvelle privatisation d’une chaîne publique doit être impérativement écartée, mais un coup d’arrêt doit être porté à la privatisation des activités du secteur public et à la réduction progressive de son périmètre. Il faut au contraire que le service public reconquière toutes ses capacités d’innovation, de production et de diversification. La concession des chaînes privées à des groupes dépendants de marchés publics doit cesser. La déprivatisation de TF1 doit être mise en débat. Le secteur public doit être constitué en pôle public des médias (incluant l’AFP), et pouvoir trouver dans les médias sans but lucratifs des partenaires privilégiés.

Pour favoriser l’essor des médias associatifs et doter les médias à but non lucratif du statut et des moyens dont ils ont besoin.

Les revendications des médias du tiers secteur, consignées dans l’Appel de Marseille, doivent être satisfaites : leur représentation dans toutes les instances concernant les médias ; la pleine reconnaissance professionnelle des personnes contribuant à les faire vivre. Pour les radios associatives : le renforcement et la démocratisation du Fonds de soutien à l’expression radiophonique (FSER) ; la protection du quota des fréquences associatives (30%). Pour les télévisions associatives : l’extension du FSER pour qu'elles en bénéficient, notamment par une augmentation du montant et de l’assiette de la taxe sur la publicité qui l'alimente ; un quota équitable de fréquences hertziennes aux plans local, départemental, régional et national. Pour la presse écrite et l’édition indépendante et sans but lucratif : des aides spécifiques à la diffusion et la révision des conditions d’accès aux points de vente ; l’extension et la reventilation des aides publiques à la presse, afin qu’elles en bénéficient équitablement. Pour l’internet solidaire et non marchand : le retrait de la Loi de confiance dans l’économie numérique (LCEN), attentatoire à la vie privée et à la liberté d’expression ; la levée de toutes les entraves à la libre circulation des contenus dans le respect des droits humains et des droits d’auteur; la promotion des logiciels libres et des formats ouverts, avec des aides spécifiques pour la formation à ces outils.

Pour défendre et développer la diversité de l’information et de la culture, étendre les droits des créateurs et renforcer les moyens de la création.

Les pouvoirs publics doivent garantir le droit des citoyens d’informer et d’être informés, indépendamment des audiences moyennes évaluées en fonction de critères strictement marchands, au mépris de la diversité des publics, des obligations des journalistes et de la qualité de l’information. Parmi les mesures qui iraient en ce sens : une nouvelle autorité de régulation des médias, de nouveaux droits pour les journalistes, les documentaristes et les associations, le renforcement du secteur public et du Tiers secteur associatif.

Ce qui est vrai de l’information l’est également de la culture. Les conditions de production et de diffusion des œuvres documentaires et culturelles dans les médias doivent être modifiées. Un Projet de loi pour les intermittents doit être voté conformément aux propositions du Comité du Suivi.

Pour doter les journalistes et, plus généralement, les producteurs d’information indépendants de nouveaux droits, pour leur assurer des conditions de travail à la mesure de leur rôle.

La Charte des droits et devoir des journalistes et la Charte de Munich doivent être reconnues et respectées par l’ensemble des journalistes, par les propriétaires des médias, par les directions des rédactions, par les pouvoirs publics. Elles doivent être intégrées à la Convention Collective Nationale de Travail des Journalistes.

Les producteurs de l’information, qu’ils soient ou non des journalistes professionnels, qu’ils travaillent pour des entreprises médiatiques ou pour des associations, ne peuvent assurer leur responsabilité sociale quand ils exercent leurs activités dans des conditions précaires et sans droits collectifs garantis.

C’est pourquoi doivent être obtenus : la pleine reconnaissance professionnelle des personnes qui font vivre les médias associatifs ; le respect des droits existants pour tous les journalistes, notamment la protection de leurs sources ; l’application de toutes les dispositions légales et conventionnelles concernant les pigistes ; la résorption des emplois précaires. Chaque équipe rédactionnelle doit être dotée d’une personnalité juridique qui assure son indépendance vis à vis des propriétaires et/ou des actionnaires.

Conclusions provisoires

Pour remplir leur fonction démocratique, les médias doivent être soustraits à l’emprise des pouvoirs économiques et politiques. Or ce n’est manifestement le cas ni des médias privés, ni des médias publics. Les logiques financières qui prévalent dans les premiers ont désormais gagné les seconds. Les pouvoirs publics, loin de garantir l’égalité du droit d’accès aux médias, le pluralisme de l’information et l’indépendance des journalistes, laissent faire et se contentent d’un pluralisme de façade. Il est urgent que cela change.

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Liste des signataires (sauf omission), Lundi 10 octobre 2006

Action-Critique-Médias (ACRIMED), Association pour la Coopération des radios libres (Corali), Association des Cyberjournalistes (ACJ), Attac France, Co-errances, Collectif Kraken-Art, Coordination des intermittents et précaires d’Ile-de-France, Fédération Nationale des Vidéos de Pays et de Quartier (FNVDPQ), Fédération syndicale unitaire (FSU), Information impartiale et pluraliste, Journal Le Ravi, Les Pieds dans le Paf, Metazone, Observatoire français des médias (OFM), Raisons d’agir, Syndicat National des Journalistes (SNJ), Syndicat National des Journalistes (SNJ-CGT), Sud Culture Solidaires, Transrural Initiatives, TV Bruits (Toulouse), Union Syndicale Solidaires, Zalea TV

contact@etats-generaux-medias.org

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Contre le traité modificatif rejeté par le peuple souverain, manifestons partout en France.

(mis en ligne le 4/2/2008)

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Jacques Bouveresse, Satire et prophétie : les voix de Karl Kraus, Agone.

Un livre indispensable pour "appliquer les armes et la leçon de Kraus à l’analyse critique des médias actuels et de leur évolution".

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La Maison du Peuple de Louis Guilloux

(mis en ligne le 25/8/2007)

Au moment de la publication des propos « Qu'est-ce qu'on va foutre dans un centre opérationnel sinistre à regarder un radar ? Qui a eu cette idée de demeuré ?... Je me fous des Bretons. Je vais être au milieu de dix connards en train de regarder une carte ! (...) Derniers jours de campagne dans une salle à voir une carte ! Grand sens politique vraiment !... » de celui qui s'est couché devant les USA, il est bon de relire La Maison du Peuple de Louis Guilloux pour celles et ceux qui pensent que là où il y a de la lutte il y a de l'espoir ...

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La Mise à jour de la lettre demande démission Président. MDA + liste signataires

Publié le 29 avril 2007

La Mise à jour de la lettre demande démission Prés. MDA + liste signataires

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LETTRE DE DEMANDE DE DÉMISSION À TRANSMETTRE ET À SIGNER

Attention il y a des confusions entre les 2 MDA :

- sécu.

- et assoc.

donc certaines personnes sont inscrites seulement à la MDA sécu et d'autres aux deux

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- si vous adhérent(e) à la MDA assoc. : « je signe nom, prénom »

- si vous n’êtes pas adhérent(e) à la MDA assoc. : « je soutiens nom, prénom » en renvoyant un retour par mail à listemda@gmail.com

Mise à jour n°9 : 28 04 2007, 13h04

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Paris, le 25 avril 2007

Rémy Aron Président Maison des Artistes 11 rue Berryer 75008 Paris

Monsieur le Président,

Suite à la diffusion de l'émission que vous avez réalisée sur le site internet de Nicolas Sarkozy, nous souhaitons vous rappeler que votre devoir, en votre qualité de président élu de la Maison des Artistes, est celui de la neutralité politique.

Vous avez utilisé votre fonction pour faire valoir des positions politiques personnelles. En outrepassant votre devoir de réserve, vous portez préjudice à tout le corps de la Maison des Artistes, et à ses adhérents. Vous vous êtes affranchi des règles que vous êtes susceptible de défendre.

Pour ces raisons, nous demandons à ce que vous démissionniez de votre qualité de président.

Salutations distinguées,

Martine Aballéa Hélène Agofroy Kitahara Aï Samuel Aligand Rivka Amoyelle (photographe) Cyrille Andre (MDA A684059) Christophe Atabekian (MDA A804806) Caroline Archat Lorraine Arnodin - Chenot Anouck Avisse Constance Arizzoli Fabienne Audéoud Giney Ayme (MDA A014477, membre MDA depuis 1977) Soussi-Chiadmi Bachir Taysir Batniji Mathilde Bardel (Entrez-sans-frapper, Création graphiques solidaires) Florence Basty Yann Beauvais Christine Bouvier Bellezza Aurélie (étudiante M1 esthétique, arts et sociologie de la culture (projets culturels) de l'université Paul Verlaine de Metz) Didier Béquillard Stéphane Bérard Pierre Bernard Alain Bernardini Hubert Besacier (critique d'art, membre de l'AICA) Jean-Luc Bichaud (MDA B269901) Philippe Bissières (pdg de JBA, agence de création graphique) BlueScreen (artiste) Nathalie Bles Corine Borgnet Gaëlle Boucand (non inscrite à l'association) Antoine Boutet (MDA B981637) Julien Bouillon Marie Bouts Sophie Bueno-Boutellier Xelo Bosch (artiste) Etienne Bossut Nicolas Boulard Bourrelly+Am-Augustina / Effet-Freudien/ psychanalyste Nicolas Bralet (affilié MDA) Valérie Caillon-Gervier Stéphane Calais (MDA C220295) Sophie Canillac Michel Castaignet Céline Caussimon Andriana Cavalletti Catherine Cauwet Philippe Cazal (affilié MDA) Florence Chevallier Frédéric Chevreux (chercheur en esthétique non membre de l'association) Claire Chevrier (artiste photographe) Nina Childress Pascal Chirol Hélène Chouteau (critique d'art) Soares Cidália Olivier Classe Paolo Codeluppi (artiste Italien résidant à Paris) Jean-Gabriel Coignet Delphine Coindet Collectif 1.0.3 (Anne Couzon Cesca, François et Arnaud Bernus) Muriel Colin-Barrand / Console Christophe Côme (MDA D184033) Jérome Cotinet-Alphaize (historien d'art) Éric Corne Vincent Corpet Alain Coulange (écrivain, critique d'art, membre de l'AICA-France, directeur de l'Ecole supérieure des beaux-arts de Tours) Didier Courbot (MDA C456735) Nicolas Couturier (membre MDA) François-Xavier Courrèges Jean Cristofol (professeur à l'école supérieure d'art d'Aix en Provence) Ronald Curchod Luc Dall'Armellina Franck David (MDA D363986) Thierry Davila Sarah Debail Alain Declercq (adhérent MDA) Isabelle Dehay Léo Delarue (MDA D137654) Hélène Delprat Marc Desgrandchamps Magali Desbazeille (ancien membre de la MDA asso pendant 6 ans, avant d'avoir connaissance des orientations politiques, depuis septembre 2006, j'ai suspendu mon inscription.) Arnaud Dejean de la Bâtie (graphiste) Aurélie Dekeyser Pierre Di Sciullo (membre MDA depuis 1985) Aranega Diego (adhérent MDA) Grégoir Dubuis Anouck Durand-Gasselin (cotisante MDA) Miguel Egaña Lorrain Emanuel Sammy Engramer Christelle Familiari Rebecca Fanuele Andreas Fohr (MDA F088768) Matthieu Fontaine Nicolas Fouché Nathalie Fougeras Anne Frémy Anthony Freestone (MDA F278425) Emmanuel Drogue (MDA D450 579) Anne Ferrer Michel Fourcade Vincent Ganivet (en cours d'affiliation) Jakob Gautel (MDA G221850) Paul Armand Gette Jochen Gerner Rouffineau Gilles Olivier Gourvil Bérénice Groh (MDA G550640) Bernard Guelton Laurent Gueneau Jérôme Guigue (MDA G497187) Pascale Gustin Alexandre Gurita (Directeur de la Biennale de Paris, MDA G283282) Julieta Hanono Frédéric Héritier Jason Karaïndros (MDA K073053) Anne Kawala Florian Kleinefenn Jan Kopp Gerald Kurdian Dusan Ivanovic (membre MDA) Lina Jabbour (MDA J116692) Armand Jalut Sophie Jaulmes Claire-Jeanne Jézéquel (artiste) Véronique Joumard (MDA JO31820) Hugo Kostrzewa Raphaël Hadid Pascale Hanrot (membre MDA) Catherine Hospitel Véronique Hubert Jeanne Lacombe Thierry Lagalla Frank Lamy (chargé des expositions temporaires, MACVAL, membre de l'AICA) Catherine Lamri Cyrille Larpenteur (artiste complémentaire) Karine Larqué Rachel Laurent (artiste) Loubatie Sébastien (photographe) Suzanne Lafont Catherine Larré (MDA L141164) Florence Lazar Michel Lepetitdidier (graphiste, membre de l’AGI France) Martin Le Chevallier Le Gouic Jean-Claude, Professeur émérite des Universités en Arts Plastiques, Artiste et critique d'art) Hervé Le Nost Alain Le Quernec Thierry Le Saec (plasticien, militant du SNAP CGT Bretagne) Yann Leguay Christelle Lheureux (artiste, cinéaste, enseignante, affiliée MDA) Elisabeth Lebovici (critique d'art) Ange Leccia Xavier Leton (poète plasticien - webmaster, chargé de communication centre international de poésie Marseille) Le Magasin Banaliste de Baldo / Ortas Baldomero dit Baldo (MDA O062379) Rainier Lericolais Jean Baptiste Leveque Claude Lévêque Nadia Lichig (MDA L720033) Pierre Mabille (MDA M120359) Eric Maillet Françoise Maisongrande Geoffroy Mathieu Roberto Martinez (artiste plasticien, membre MDA) Debliquis Marie Sophie Marty Edward Sabine Massenet Philippe Mayaux (MDA M331638) Béatrice Méline Mathieu Mercier (MDA M270812) Philippe Méziat (directeur du Bordeaux Jazz Festival) Ludovic Michaux (photographe auteur assujetti au régime de sécurité sociale de l'AGESSA) Christian Milovanoff Pierre Milville Miguel-Angel Molina Monnier Richard (artiste enseignant école d'art d'annecy) Antoine Moreau Anne-Marie Morice (Synesthésie) Claire Moulène (journaliste aux Inrockuptibles et commissaire indépendante) Jean-Luc Moulène (MDA M147843) Nicolas Moulin (MDA 524022) Myr Muratet (auteur photographe) Christian Milovanoff Yvon Mutrel Marylène Negro Olivier Nottellet Jean-Christophe Nourisson (artiste) Melik Ohanian David Ortsman Baron Osuna, Super Window Project™ Lise Ott Pascale Ourbih (artiste-comédienne et réalisatrice) Noëlle Papay Cécile Paris Bruno Peinado Timothy Perkins (cotisant et membre MDA) Pierre Péronnet (MDA P328534) Marie-José Pillet (MDA P065725) Bernard Piffaretti (MDA P056934) François Piron Yvan Poulain Etienne Pressager (affilié MDA) Cécile Proust Gilbert Quélennec Marie Claude Quignon (MDA Q003288) Renaud Regnery (MDA R376850) Hubert Renard Airy Routier (metteur en scène) Nathalie Rias, artiste plasticienne et chorégraphe Bertrand Rigaux Till Roeskens Sylvain Rousseau Bernhard Rüdiger (MDA R112930) Erik Samakh Sarkis Lucariello Saverio Olivier Schefer (MCF Paris 1) Katharina Schmidt Mathias Schweizer Benjamin Seror Bruno Souêtre Franck Scurti Alain Séchas Michel Séméniako (photographe et enseignant à la faculté d'art d'Amiens) Assan Smati Hélène Sophie Jeanne Susplugas (adhérente MDA) Sylvain Gouraud (photographe) Ernest T. (MDA M191289) Djamel Tatah Claire Terral (artiste, adhérente MDA) Virginie Thomas Elisabeth Trézéguet-Mutti (artiste) Tatiana Trouvé Régis Untersteller (soutien aux adhérents) Julia Varga Annabel Vergne Vergnon-d'Alançon Aymeric Niek Van de Steeg Van Rooijen Wijntje (MDA V190465) Verrier Eric (adhérent MDA) Samuel Vermeil Jean-Luc Vilmouth Bonnet Vincent Jean Vire Patricia Welinski Alain Willaume (photographe) Francine Zubeil

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Pascal DURAND (sous la dir. de), Les Nouveaux mots du pouvoir. Abécédaire critique, Bruxelles, Aden, 2007, 464 pages.

Publié le 27 mars

« Gouvernance », « employabilité », « adaptation », « réformes », « processus de Bologne », « flexibilité », « dialogue social », « État social actif », « monde de plus en plus complexe », « modèle danois », « tolérance zéro », « égalité des chances », « contrat pour l’école », « populisme », « excellence » : ces mots, ces expressions, vous les avez déjà entendus cent fois. Avec tant d’autres du même registre, ils reviennent en boucle, quotidiennement, dans le discours politique et journalistique. Si présents, si fréquents qu’ils passeraient presque inaperçus de ceux qui les formulent comme de ceux qui les reçoivent.

D’où viennent-ils ? À quels univers de représentation et d’assignation sont-ils associés ? Que signifient-ils ? Que nous signifient-ils en fait d’attitude politique ou de comportement social ?

Opposer à la pensée bête et têtue des nouveaux mots du pouvoir un effort de connaissance conjuguant ironie et rigueur : tel est l’enjeu du présent abécédaire. Tâche nécessaire à laquelle se sont attachés près de soixante-dix spécialistes venus de différents horizons scientifiques et nationaux, politologues, historiens, sociologues, théoriciens du langage, économistes, écrivains, philosophes. Tous portés par un même souci d’y voir plus clair dans l’opacité des mots dont on nous paie.

Pascal Durand est professeur à la Faculté de Philosophie et Lettres. On lui doit déjà, dans le même domaine, Médias et Censure. Figures de l’orthodoxie (Éditions de l’Université de Liège, 2004) et La Censure invisible (Arles, Actes Sud, 2006).

INTRODUCTION : CES MOTS DONT ON NOUS PAIE

ABRACADABRANTESQUE

ADAPTATION

ALTERMONDIALISTE

ATTRACTIVITÉ

AUSTÉRITÉ

AUTONOMIE

AXE

BIEN-ÊTRE

BIOÉTHIQUE

BLAIRISME

BOLOGNE (PROCESSUS DE)

CAPITAL HUMAIN

CHANGEMENT

CHIFFRES

CITOYENNETÉ

COACH/COACHING

COHÉSION SOCIALE

COMMUNICATION

COMPÉTENCE

COMPÉTITIVITÉ

COMPLEXE (MONDE DE PLUS EN PLUS)

COMPLEXITÉ

COMPLOT (THEORIE DU)

CONFIANCE

CONNAISSANCE (SOCIÉTÉ DE LA)

CONSENSUS

CONSERVATEUR

CONTRAT

CONTRAT POUR L’ÉCOLE

COÛT SALARIAL/NON SALARIAL

CRÉATIVITÉ

DÉCLIN, DÉCLINOLOGIE

DÉFICIT DE COMMUNICATION

DÉGÂTS COLLATERAUX

DÉGRAISSER

DÉMOCRATIE

DÉRÉGULATION

DIALOGUE SOCIAL

DISCRIMINATION POSITIVE

DIVERSITÉ CULTURELLE

DROITS ET DEVOIRS

DURABLE (DÉVELOPPEMENT)

ÉCHEC (DU REFERENDUM)

« ÉCOUTEZ »

ÉDUCATION

EFFICIENCE

ÉGALITE DES CHANCES

ÉLITES

EMPLOYABILITÉ

EMPOWERMENT

ENTREPRENEURIAL

ERT

ÉTAT SOCIAL ACTIF

ÉTHIQUE

EUROPE

ÉVALUATION

EXCELLENCE

EXCEPTION CULTURELLE

EXCLUSION

FEUILLE DE ROUTE

FLEXIBILITÉ

FLEXISÉCURITÉ

FMI

FONDAMENTAUX

FORMATION TOUT AU LONG DE LA VIE

FRACTURE (SOCIALE ; NUMÉRIQUE, etc.)

FRANCE D’EN BAS

FRANCOPHONIE

GENRE

FORT (GESTE ; SIGNE)

GAUCHE DE LA GAUCHE)

GLOBALISATION

GOUVERNANCE

HOSTILE (O.P.A.)

IDÉOLOGIQUE

INCLUSION SOCIALE

INFORMATION (SOCIETÉ DE L’)

INTÉGRATION

INTELLECTUELS

ISSUS DE L’IMMIGRATION

JEUNE(S)

« JE SUIS DE CEUX QUI »

JUSTICE SOCIALE

LISBONNE (STRATÉGIE DE)

MANAGEMENT

MOBILITÉ

MODELE DANOIS

MODÉRATION SALARIALE

MODERNISATION

MODERNITÉ

MONDIALISATION

MUTATION

NOUVELLES TECHNOLOGIES

OCDE

OMC

OTAGES

PAIX (PROCESSUS DE)

PÉDAGOGIE

PERFORMANCE

PILOTAGE (COMITÉ DE)

PLAN STRATÉGIQUE

POLITIQUE (LE)

POPULISME

PRÉCAUTION (PRINCIPE DE)

PROGRESSISTE

PROXIMITÉ

RAISON (CERCLE DE LA)

RATIONALISATION

RÉFORME DE L’ÉTAT

RÉFORMES

RÉSEAU

RÉSILIENCE

RESPONSABILITÉ SOCIALE DES ENTREPRISES

SAVOIR-ÊTRE

SAVOIR-FAIRE

SENSIBLE (QUARTIER ; QUESTION)

SERVICES (COMMERCE DES)

SIGNE OSTENSIBLE

SOCIÉTAL

SOCIETE CIVILE

SOUVERAINETÉ

SPIN OFF

SUBSIDIARITÉ (PRINCIPE DE)

TECHNOSCIENCES

TERRORISME

THINK TANK

TRAVAIL (SUR SOI)

TRANSPARENCE

VIEILLISSEMENT

VIVRE-ENSEMBLE (LE)

VISIBILITÉ

« VOUS VOYEZ »

ZEP

ZÉRO


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États Généraux pour le Pluralisme : « Questions soumises aux formations politiques et aux candidats à l’élection présidentielle (ou à leurs représentants) »

Publié le 1er mars

Le samedi 10 février 2007 entre 13 et 18 heures, les Etats Généraux pour le Pluralisme ont organisé au Palais du Luxembourg, une audition, ouverte à la presse, des formations politiques et des candidats à l’élection présidentielle (ou de leur représentants) sur la question de médias. Etaient représentés : le Parti Socialiste (en la personne de son délégué national chargé des médias : Stéphane Pellet), Les Verts (en la personne d’Hervé Pérard, responsable de la commission « Culture et Médias »), La LCR (en la personne de Guillaume Liégeard), le PCF (en la personne de Francis Parny). L’UDF, l’UDF et le Parti Radical de Gauche (PRG) s’étaient fait excuser.

Le film et les enregistrements de ces auditions seront rendus publics et mis en ligne très prochainement sur internet dans leur intégralité, ainsi que les vidéos des quelques auditions préparatoires que nous avons pu réaliser courant 2006.

Nous publions ci-dessous le questionnaire écrit qui a été soumis au participants et que nous avons soumis à nouveau à tous les invités en vue d’obtenir des réponses écrites.

États Généraux pour le Pluralisme

Questions soumises aux formations politiques et aux candidats à l’élection présidentielle (ou à leurs représentants)

Palais du Luxembourg - Paris 10 février 2007

1. Les concentrations et le pluralisme :

Quelles mesures concrètes proposez-vous pour restaurer le pluralisme et l’indépendance des médias et de l’information ?

Et plus précisément :

- Quelles dispositions légales, institutionnelles et financières proposez-vous pour limiter les concentrations et l’emprise des groupes financiers et des publicitaires sur les médias d’information ?

- Quelles dispositions comptez-vous prendre pour mettre un terme aux liaisons dangereuses entre les médias et les groupes qui bénéficient des marchés publics ?

- Que proposez-vous pour refonder et réorienter l’aide publique à la presse écrite et à sa distribution afin que celle-ci permette de garantir effectivement le pluralisme et bénéficie prioritairement à la presse d’information générale et aux médias sans but lucratif ?

- Que proposez-vous pour transformer ou remplacer le CSA, afin que le mode de désignation, la composition et les missions de l’autorité de régulation garantissent son indépendance et le pluralisme médiatique. En particulier, quelles représentations des journalistes et salariés de médias, ainsi que des médias du secteur associatif, des citoyens et des usagers, préconisez-vous ?

2. Le secteur public de l’audiovisuel :

Quelles mesures concrètes proposez-vous pour rénover et développer l’Audiovisuel de Service Public ?

Et plus précisément :

- Êtes-vous prêts à vous engager à inscrire l’existence de l’audiovisuel public dans la Constitution ?

- Quelles dispositions entendez-vous prendre pour doter l’audiovisuel public de moyens de financements augmentés et pérennes ?

- Quelles dispositions entendez-vous prendre pour réduire l’emprise de la publicité sur la télévision publique ?

- Envisagez-vous d’attribuer à France Télévisions des moyens spécifiques et de nouvelles fréquences pour développer son offre sur de nouveaux supports (TNR, TNT, TVmobile, Satellite et ADSL) ?

- Comptez-vous remettre en cause les dispositions de la récente loi « Télévision du futur » qui prorogent la concession des télévisions hertziennes privées, et qui leur accordent une chaîne bonus à chacune dans le cadre du passage au numérique ?

- Envisagez-vous l’abrogation du décret Tasca et la réappropriation de la production en interne ?

- Êtes-vous prêts à vous engager à organiser la coopération des différents médias acteurs de l’action extérieure (RFI, TV5, CFI, AFP...) et l’intégration de France 24 dans la sphère publique ?

3. Les médias du Tiers Secteur :

Quelles mesures concrètes proposez-vous pour soutenir les médias associatifs, dans les domaines de la presse écrite, de la radio, de la télévision et de l’internet ?

Et plus précisément :

- Quelles dispositions envisagez-vous de prendre pour renforcer et démocratiser le Fonds de soutien à l’expression radiophonique (FSER) ? Êtes-vous prêts à l’étendre aux télévisions associatives indépendantes par une augmentation de son montant et de l’assiette (grands médias et hors médias) de la taxe sur la publicité ?

- Etes-vous prêts à vous engager, s’agissant des radios associatives, à protéger le quota des fréquences associatives (30% des fréquences pour le secteur associatif) et s’agissant des télévisions associatives à leur réserver un quota équitable de fréquences aux plans local, départemental, régional et national, en tenant compte de leur spécificité lors des appels à candidatures ?

- Quelle est votre position sur l’obligation de transport gratuit des télévisions associatives par les distributeurs privés commerciaux du câble, du satellite, de la TNT, de l’ADSL et de la téléphonie mobile (Free Must Carry) ?

- Quelles dispositions envisagez-vous de prendre pour favoriser le développement des logiciels libres contre les tentatives commerciales de le bloquer ? Envisagez-vous d’abroger la législation liberticide (LEN, DADVSI, etc.) qui compromet le libre accès à l’information, à la culture et au savoir ?

- Quelles dispositions envisagez-vous de prendre pour que les structures (entreprises, scop ou associations) qui éditent des sites internet d’informations et qui n’ont pas d’édition papier, puissent bénéficier du statut d’entreprise de presse, recruter et former des journalistes professionnels ?

4. Les droits des journalistes :

Quelles mesures concrètes proposez-vous pour garantir les droits et l’indépendance des journalistes ?

Et plus précisément :

- Vous engagez-vous à inscrire dans la Constitution le droit du public à une information honnête, complète et pluraliste ?

- Approuvez-vous la reconnaissance juridique de l’équipe rédactionnelle dans toute entreprise de presse ?

- Êtes-vous prêts à la mise en conformité du droit français avec le droit et la jurisprudence européenne pour la protection des sources des journalistes ?

- Quels sont vos engagements pour garantir l’accès à l’information détenue par les pouvoirs publics, l’administration et les entreprises ?

- Êtes-vous prêts à soutenir les journalistes dans leur défense de leur statut, et l’annexion des chartes nationale et internationale de déontologie dans leur Convention Collective ?

- Êtes-vous prêts à soutenir les journalistes dans leur combat pour l’application de toutes les dispositions légales et conventionnelles protégeant les pigistes, et pour la résorption des emplois précaires ?


Le 10 février 2007

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La formation de nouvelles dispositions médiatiques ( 28/12/2006 )

S'interroger sur la formation de nouvelles dispositions médiatiques incorporées ( dans l'école, en famille, etc. ) qui font passer pour naturelles les nouvelles façons de parler, de protester, de se conduire, etc. montrent bien comment les citoyens acquièrent les dispositions qui doivent les faire agir conformément au discours dominant en vivant sur le mode de la honte ce qui contredit l'ordre médiatique.

L'efficacité symbolique de ces images, vues dans des lieux et des contextes divers, vient de leur capacité à servir les intérêts collectifs des plus riches. Les médias contribuent à transformer le monde social, en disant ce qu'il doit idéalement être, la transformation des dispositions médiatiques n'est pas séparable de la transformation du monde social dans lequel la disqualification sociale de la résistance, du courage, de la volonté, du sens de l'honneur, de la satire, de la réflexion sur le social, des droits de l'homme, de la clarification conceptuelle et linguistique, la pratique de l'autodéfense intellectuelle ( face à la propagande, à la manipulation, au mensonge d'État et au mensonge médiatique , etc. ) , se fait au profit des intérêts des dominants comme la maîtrise de soi , la logique économique, le respect des contrats et des engagements, le cynisme, le clientélisme, le souci des réputations, la corruption, la vénération de l'argent, la délinquance en col blanc, le colonialisme et les conditions de l'échange verbal ( les équivoques, les confusions caractérisées, les sophismes, les approximations, les clichés, la rhétorique creuse ).

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( ci-dessous, l'extrait disponible sur le site d'Actes sud )

Dans notre imaginaire contemporain – disons, en gros, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale –, la censure n’a pas bonne presse, si l’on peut oser cette formule. Politiquement incorrecte, elle nous apparaît comme une forme inacceptable de violence juridique autant que symbolique faite à l’intégrité d’un texte ou à la liberté d’un auteur de se faire entendre. Il semblerait même que “cette chienne au front bas qui suit tous les pouvoirs1”, comme l’appelait Hugo, ne se rappelle à nous, avec son hideux cortège d’autodafés, interdictions, poursuites, punitions et mortifications, que pour faire ressortir par contraste le régime de libre expression dont nos démocraties modernes aiment à se penser comme le lieu et l’efficace garantie. On en oublierait presque, sous nos climats et en nos temps, que dame Anastasie continue de manier ses grands ciseaux, quand bien même elle aurait, en pratique, déplacé son travail de coupe de l’amont vers l’aval, de l’avant vers l’après, et qu’il ne s’agirait plus tant, désormais, de censurer une œuvre, un écrit, un message avant diffusion (le dispositif restant néanmoins valable pour les films) que de sanctionner par divers moyens légaux, à travers leur auteur ou ses intermédiaires éditoriaux, tel texte ou tel discours dûment publiés ayant abusé, “dans les cas prévus par la loi”, de la liberté impartie à la “communication des pensées ou des opinions” que la Déclaration de 1789, en son article 11, avait solennellement inscrite au nombre “des droits les plus précieux de l’homme” et que la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse devait couler, un siècle plus tard, dans le bronze dont sont faites les institutions républicaines.

De Sade maintenu à l’enfer jusque sous de Gaulle à Bernard Noël condamné sous Pompidou, de Pierre Guyotat à Pierre Mertens2, et, plus près de nous, pour des raisons bien dissemblables, de Renaud Camus à Peter Handke, les faits de censure restent nombreux, allant de l’interdiction pure et simple d’une œuvre à son expurgation plus ou moins sévère, en passant par d’autres formes plus retorses : rumeurs, procès d’intention, citations tronquées, déplacements d’objet ou d’enjeu, ainsi qu’on l’a vu dans le cas Handke, où la censure a porté non à proprement parler sur la pièce retirée du programme du Vieux-Colombier, mais sur l’auteur visé indirectement à travers cette œuvre, afin de sanctionner une prise de position – la présence ostentatoire de l’écrivain aux obsèques de MiloŠsevi´c et la sympathie dont il fait montre à l’égard du nationalisme serbe – qui ne concernait en rien la littérature et aucunement, en tout état de cause, ce texte précis3. Prise de position discutable, si l’on veut ; politiquement peu correcte, à l’évidence, mais qui n’en relevait pas moins de l’entière liberté d’intervention de celui qui en a endossé la responsabilité.

La frontière est bien mobile, dans le temps comme dans l’espace, entre le tolérable et l’intolérable, entre ce qu’une société admet au registre du dicible, voire du discutable, et ce qu’elle met à l’index de ce qui ne peut être dit ni discuté. De même, au fond, que le niveau de démocratie d’un Etat se mesure aux conditions qui sont faites aux détenus dans les prisons – ainsi qu’au statut réservé aux femmes et aux minorités de toute sorte –, c’est à la rigueur et au degré d’arbitraire du dispositif de censure que l’on pourrait mesurer non seulement l’écart qui sépare, au plus évident, régimes totalitaires et régimes démocratiques, mais aussi la différence entre démocratie formelle et démocratie réelle.

La chose est entendue. Mais posons, avant de déplacer le point de vue, que si la censure, dans sa généralité, tend à priver d’existence publique tout ou partie d’un texte, d’un discours ou d’un message quelconque, elle se prévaut quant à elle, dans nos démocraties, d’une visibilité d’autant plus forte qu’elle se fait d’ordinaire sur la scène des tribunaux, qu’elle est généralement escortée par une campagne de presse, éventuellement soutenue par diverses associations se portant partie civile, et qu’elle doit même se rendre visible pour légitimer le coup de force, tout légal soit-il, qu’elle exerce sur tel ouvrage de l’esprit et faire office d’avertissement adressé aux auteurs tentés de la défier. La censure de l’ombre, la censure masquée, la censure préalable est d’un autre temps ou d’autres régimes que les nôtres. Notre censure démocratique opère en pleine lumière, requiert sa propre publicité, se dédouane de la violence effective qu’elle exerce par l’ostentation des critères et des valeurs dont elle s’autorise. Nous n’avons plus de banc d’infamie, mais les médias sont nos modernes bûchers.

Notre censure cherche bien, quelquefois, à effacer ses traces ; ainsi dans la récente affaire Renaud Camus, condamné, non sans raison, pour propos antisémites dans La Campagne de France. Il s’est trouvé un avocat maison pour suggérer à l’éditeur, au-delà de la suppression des passages litigieux, l’application d’une “censure des blancs” (l’expression est de Claude Durand), c’est-à-dire l’insertion dans le texte de phrases de suture qui auraient masqué le caviardage. Les blancs laissés dans la nouvelle édition n’allaient-ils pas manifester que c’est sans faire amende honorable que l’auteur avait expurgé son œuvre ? Mais rien n’y fait désormais : la censure est orchestrée médiatiquement et les auteurs qui en font l’objet, s’ils n’en retirent pas une gloire sulfureuse et un surcroît de renommée, peuvent y réagir, protester, faire même tout un livre de cette affaire – comme dans le cas encore de La Campagne de France, que son auteur a doublé du 9 avril au 9 juillet 2000 en tenant le journal de l’affaire et en le publiant la même année4.

Rien donc de plus spectaculaire que la censure en régime démocratique, sa force et sa visibilité se soutenant même du statut d’exception qui est désormais le sien5. Parler de censure invisible, comme on le fera dans les pages qui suivent, ne revient pas, pour autant, à chercher un effet de paradoxe. Cette censure invisible existe bel et bien, à côté de l’autre, parfois cachée par celle-ci ; et, plus diffuse, elle est aussi bien plus constante : chose, au fond, la mieux partagée du monde, mais sans l’ironie qu’y mettait Descartes au début de son Discours de la méthode. Précisons donc ce qu’il convient d’entendre par là, en soulignant pour commencer qu’il ne sera pas question, à cette enseigne, de l’autocensure consciente que tout auteur normalement constitué, instruit par sa conscience morale et prévenu des risques qu’il encourt “dans les cas prévus par la loi”, peut exercer sur son propre discours et son imaginaire. Car il n’y a rien là, à y réfléchir, de bien scandaleux ni d’attentatoire à la créativité. C’est à une telle autocensure, aux ruses qu’elle suscite à ses dépens, au travail de sublimation qu’elle stimule que nous devons quelques-unes des plus électrisantes réalisations de l’esprit, de même que, depuis tant de siècles, nous devons aux défis adressés aux censeurs de toute engeance non seulement une part de l’évolution du droit en la matière, mais encore l’irruption d’œuvres puissamment transgressives ou porteuses d’une grande duplicité rhétorique. Voltaire, Flaubert, Baudelaire, Proust, Céline même appartiennent à cette lignée fort heureusement nombreuse de ceux qui, jouant avec le feu, ont su déplacer, dans l’énonciation ou l’imagination formelle, un propos dont, sans cela, la charge littéraire eût été moindre ; entendons, aussi, que leur propos aura, par là, excédé la littérature conçue comme simple ornementation du discours, du côté d’une philosophie, d’une politique, d’une critique sociale ou d’une expérience de la limite6. L’invisibilité de la censure dont il s’agira tient en revanche, pour l’essentiel, au fait qu’elle opère à l’insu de ceux qui l’exercent autant que de ceux qui la subissent, lesquels peuvent se confondre en une seule personne ou un même groupe social. Point aveugle des consciences jusqu’aux plus lucides, c’est de cette méconnaissance partagée qu’elle tire sa force efficace et c’est par cette méconnaissance qu’elle déjoue les vigilances les mieux armées.

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Déclaration finale de la première session des Etats Généraux pour le pluralisme (30 septembre 2006)


POUR DES MÉDIAS SOUSTRAITS A L’EMPRISE DES POUVOIRS ÉCONOMIQUES ET POLITIQUES

Plus de 150 associations, syndicats, médias associatifs, soutenus par de nombreuses forces politiques, ont appelé, dès octobre 2005, à des Etats généraux pour une information et des médias pluralistes. Une première session nationale des États Généraux s’est tenue à la Bourse du travail de Saint-Denis le samedi 30 septembre 2006.

A quelques mois de l’élection présidentielle et des élections législatives, nous en appelons aux mouvements syndicaux, associatifs et politiques, aux mouvements d’éducation populaire, à toutes celles et à toux ceux qui entendent résister à l’information et à la culture mercantiles, pour qu’ils soumettent au débat démocratique nos exigences et que les candidats prennent des engagements précis sur nos propositions.

Sans anticiper sur l’adoption d’une plate-forme soumise à tous les participants lors d’une prochaine session des Etats Généraux, les associations, syndicats et médias associatifs signataires ayant contribué à la tenue de cette première session, livrent au débat les pistes suivantes sans préjuger des discussions ultérieures.

Pour garantir les droits d’informer et les droits à l’information contre toutes les tentatives politiques et économiques de les confisquer.

Des dispositions doivent être prises contre les effets conjoints de la concentration et de la financiarisation des médias, qui menacent non seulement la pluralité des médias et l’existence de certains d’entre eux, mais aussi l’expression du pluralisme des informations et des opinions. S’imposent en particulier : un renforcement de la législation anti-concentration ; une refondation des aides publiques à la presse, pour que celles-ci bénéficient prioritairement aux médias sans but lucratif, aux médias d’information généraliste et à faibles ressources publicitaires.

Des dispositions doivent être prises pour que les médias soient soustraits aux pressions et aux chantages du pouvoir politique, national ou local, ainsi qu’aux appétits financiers et aux options éditoriales de leurs propriétaires. S’imposent en particulier : l’interdiction pour des groupes bénéficiant de marchés publics de posséder des entreprises médiatiques ; la création d’une nouvelle instance de régulation des médias qui, démocratique celle-là, doit se substituer au CSA ; l’attribution de nouveaux droits collectifs aux rédactions et aux syndicats des salariés des entreprises médiatiques.

Pour préserver et développer le service public de l’audiovisuel.

Le secteur public de l’audiovisuel doit être en mesure de remplir ses fonctions de service public. Son animation et sa gestion doivent être largement démocratisées. Sa créativité doit être libérée des enjeux commerciaux qui l’incitent à se battre avec les mêmes armes, les mêmes programmes que les médias privés. A cette fin, il doit bénéficier d’un financement indépendant de la publicité à la hauteur de ses missions et de garanties démocratiques qui le soustraient au chantage politique des gouvernants.

Non seulement toute nouvelle privatisation d’une chaîne publique doit être impérativement écartée, mais un coup d’arrêt doit être porté à la privatisation des activités du secteur public et à la réduction progressive de son périmètre. Il faut au contraire que le service public reconquière toutes ses capacités d’innovation, de production et de diversification. La concession des chaînes privées à des groupes dépendants de marchés publics doit cesser. La déprivatisation de TF1 doit être mise en débat. Le secteur public doit être constitué en pôle public des médias (incluant l’AFP), et pouvoir trouver dans les médias sans but lucratifs des partenaires privilégiés.

Pour favoriser l’essor des médias associatifs et doter les médias à but non lucratif du statut et des moyens dont ils ont besoin.

Les revendications des médias du tiers secteur, consignées dans l’Appel de Marseille, doivent être satisfaites : leur représentation dans toutes les instances concernant les médias ; la pleine reconnaissance professionnelle des personnes contribuant à les faire vivre. Pour les radios associatives : le renforcement et la démocratisation du Fonds de soutien à l’expression radiophonique (FSER) ; la protection du quota des fréquences associatives (30%). Pour les télévisions associatives : l’extension du FSER pour qu'elles en bénéficient, notamment par une augmentation du montant et de l’assiette de la taxe sur la publicité qui l'alimente ; un quota équitable de fréquences hertziennes aux plans local, départemental, régional et national. Pour la presse écrite et l’édition indépendante et sans but lucratif : des aides spécifiques à la diffusion et la révision des conditions d’accès aux points de vente ; l’extension et la reventilation des aides publiques à la presse, afin qu’elles en bénéficient équitablement. Pour l’internet solidaire et non marchand : le retrait de la Loi de confiance dans l’économie numérique (LCEN), attentatoire à la vie privée et à la liberté d’expression ; la levée de toutes les entraves à la libre circulation des contenus dans le respect des droits humains et des droits d’auteur; la promotion des logiciels libres et des formats ouverts, avec des aides spécifiques pour la formation à ces outils.

Pour défendre et développer la diversité de l’information et de la culture, étendre les droits des créateurs et renforcer les moyens de la création.

Les pouvoirs publics doivent garantir le droit des citoyens d’informer et d’être informés, indépendamment des audiences moyennes évaluées en fonction de critères strictement marchands, au mépris de la diversité des publics, des obligations des journalistes et de la qualité de l’information. Parmi les mesures qui iraient en ce sens : une nouvelle autorité de régulation des médias, de nouveaux droits pour les journalistes, les documentaristes et les associations, le renforcement du secteur public et du Tiers secteur associatif.

Ce qui est vrai de l’information l’est également de la culture. Les conditions de production et de diffusion des œuvres documentaires et culturelles dans les médias doivent être modifiées. Un Projet de loi pour les intermittents doit être voté conformément aux propositions du Comité du Suivi.

Pour doter les journalistes et, plus généralement, les producteurs d’information indépendants de nouveaux droits, pour leur assurer des conditions de travail à la mesure de leur rôle.

La Charte des droits et devoir des journalistes et la Charte de Munich doivent être reconnues et respectées par l’ensemble des journalistes, par les propriétaires des médias, par les directions des rédactions, par les pouvoirs publics. Elles doivent être intégrées à la Convention Collective Nationale de Travail des Journalistes.

Les producteurs de l’information, qu’ils soient ou non des journalistes professionnels, qu’ils travaillent pour des entreprises médiatiques ou pour des associations, ne peuvent assurer leur responsabilité sociale quand ils exercent leurs activités dans des conditions précaires et sans droits collectifs garantis.

C’est pourquoi doivent être obtenus : la pleine reconnaissance professionnelle des personnes qui font vivre les médias associatifs ; le respect des droits existants pour tous les journalistes, notamment la protection de leurs sources ; l’application de toutes les dispositions légales et conventionnelles concernant les pigistes ; la résorption des emplois précaires. Chaque équipe rédactionnelle doit être dotée d’une personnalité juridique qui assure son indépendance vis à vis des propriétaires et/ou des actionnaires.

Conclusions provisoires

Pour remplir leur fonction démocratique, les médias doivent être soustraits à l’emprise des pouvoirs économiques et politiques. Or ce n’est manifestement le cas ni des médias privés, ni des médias publics. Les logiques financières qui prévalent dans les premiers ont désormais gagné les seconds. Les pouvoirs publics, loin de garantir l’égalité du droit d’accès aux médias, le pluralisme de l’information et l’indépendance des journalistes, laissent faire et se contentent d’un pluralisme de façade. Il est urgent que cela change.

Liste des signataires (sauf omission), mardi 10 octobre 2006

Action-Critique-Médias (ACRIMED), Association pour la Coopération des radios libres (Corali), Association des Cyberjournalistes (ACJ), Attac France, Co-errances, Collectif Kraken-Art, Coordination des intermittents et précaires d’Ile-de-France, Fédération Nationale des Vidéos de Pays et de Quartier (FNVDPQ), Fédération syndicale unitaire (FSU), Information impartiale et pluraliste, Journal Le Ravi, Les Pieds dans le Paf, Metazone, Observatoire français des médias (OFM), Raisons d’agir, Syndicat National des Journalistes (SNJ), Syndicat National des Journalistes (SNJ-CGT), Sud Culture Solidaires, Transrural Initiatives, TV Bruits (Toulouse), Union Syndicale Solidaires, Zalea TV.

A suivre….

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Première session nationale Etats Généraux : le 30 septembre 2006

Appel - Publié le 8 septembre sur le site


Une première session nationale des Etats généraux se tiendra le 30 septembre 2006 à la Bourse du travail de Saint-Denis (93). Son objectif sera de dresser un état des lieux et de présenter des propositions.

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CARICATURES

Pascal Durand

Professeur à l'Université de Liège et directeur de l'ouvrage collectif Médias et censure (Editions de l'ULg, 2003)

( Publié le mercredi 8 février 2006 avec l'accord de Pascal Durand )

L’affaire des caricatures danoises, qui prend aujourd’hui des proportions à la fois impressionnantes et dérisoires, fait l’objet d’opinions contrastées, opposées le plus souvent bloc à bloc, comme deux dogmatismes l’un contre l’autre : hystérie pseudo-laïque contre hystérie intégriste. D’une certaine manière, il y a trop d’opinions qui se font entendre et pas assez de pensée. D’un côté, l’on voit monter au créneau les professionnels de l’indignation médiatique, au nom de la démocratie, de la liberté d’expression et de représentation. Et l’on voit, de l’autre, s’envenimer, dans les pays arabes, une opinion dont on peut craindre qu’elle soit largement instrumentalisée, au nom du droit au respect des valeurs, des croyances et de la foi. Il est préférable, dans cette affaire qui relève de la construction médiatique plus que d’un supposé « choc des civilisations », de sortir de cette querelle d’opinions et de nuancer l’analyse.

Car les choses sont plus complexes et contradictoires qu’il n’y paraît. De quoi s’agit-il en effet ? D’un côté, quel est celui qui pourrait contester qu’il soit impérieux de rappeler les principes de la liberté d’expression et de représentation qui sont au fondement de nos démocraties occidentales ? Faut-il pour autant, dans cette affaire, faire porter le chapeau uniquement aux fondamentalistes et aux manifestants qui, dans les pays arabes, réagissent avec virulence et semblent contester cette liberté même ? L’important est sans doute d’abord de s’interroger sur la question de savoir si cette affaire est la meilleure occasion, la plus digne qui se présente, pour soulever ces questions. Cette affaire n’est pas un bon objet. Elle est montée de toutes pièces. Les caricatures incriminées sont en droit défendables, elles sont en fait discutables. Aucune actualité particulière ne les justifiait. De plus, à représenter Mahomet sous un turban en forme de bombe, ce n’est pas d’un blasphème qu’il s’agit, en vérité, mais d’un stéréotype raciste (tout musulman serait, par nature et par foi, un terroriste en puissance).

La suite de l’affaire n’est pas plus reluisante, qui voit un journal français en déclin faire un coup médiatique à peu de frais en republiant ces caricatures, par une surenchère dans le sensationnel maquillée en combat pour la liberté d’expression. Avant de se faire les hérauts de la liberté et de la critique, les journalistes de France Soir feraient bien de s’interroger sur les mécanismes redoutables qu’ils enclenchent au seul profit de leur propre publicité. D’un autre côté, et c’est là aussi que les choses se compliquent, si l’on condamne ces caricatures au seul nom du droit au respect des valeurs d’une autre confession religieuse ou d’une autre conception des rapports entre Etat et Religion, on voit le danger, qui est que nos intégristes (qui ne manquent pas de se rappeler à nous : songeons à l’affaire Bettina Rheims ou à La Dernière tentation du Christ de Scorsese) en appellent à leur tour au « respect » de leurs valeurs. Interdiction, désormais, de caricaturer le pape, la vierge Marie ou le petit Jésus… Rien ne serait plus logique et l’on voit cependant à quelles aberrations cela mènerait.

Les politiques, en Belgique en tout cas, bougent peu. On comprend leur silence embarrassé : ou bien ils condamnent ces caricatures au nom du respect des croyances et, dans ce cas, ils se mettent en congé des valeurs fondatrices de la démocratie et donnent dans cette sorte d’individualisme collectif qu’est la pensée communautariste ; ou bien, ils rappellent le droit au blasphème, mis en péril dans plusieurs pays européens, au risque, dans cet autre cas, de prêter le flanc au soupçon de racisme ou de xénophobie. Il faut donc sortir du cadre, comme on dit, et opposer l’exercice d’un vrai sens critique aux intellectuels de marché trop empressés à brandir les bannières de la défense de l’Occident. Aux politiques peut-être d’enfin prendre la parole, de ramener cette affaire à sa juste proportion, de tourner leur réflexion critique en direction d’un journalisme complaisant et sensationnaliste, de condamner les relents xénophobes qui aujourd’hui entourent tout ce qui touche à l’Islam et au monde arabe en général et d’affirmer aussi contre les intégristes de tous bords (nous avons les nôtres) que l’exigence des démocrates est, en prêchant d’exemple, de contester toute pensée dogmatique (qu’elle soit religieuse, politique ou encore économique).

Il est frappant de constater que ce qui se trouve largement tenu en dehors du débat, dans toute cette affaire, c'est le rôle qu'y jouent les médias. Je ne veux pas seulement parler du journal danois qui le premier a publié ces caricatures, ni du grand journal français déclinant qui a cru trouver, en les republiant, de quoi abriter, derrière une déclaration de principe en faveur de la liberté de la représentation, un coup de publicité sensationnaliste. Je veux parler ici du fait que les commentaires, les reportages, les forums en cascade dont cette affaire font l'objet alimentent en boucle, comme dans le dossier des "banlieues", l'hystérie collective et les malentendus réciproques. Et je veux parler aussi de l'intervention massive des intellectuels-pour-les médias, répondant présents à toute sollicitation dont ils sont la cible : sans recul, sans compétence particulière dans ce dossier, sans autre légitimité que le crédit et l'hospitalité que leur accorde généreusement la sphère médiatique, et qui ont besoin à tout bout de champ d'intervenir dans cette sphère pour entretenir l'illusion d'exister dans le champ proprement intellectuel. Au risque, en l'occurrence, d'ajouter aux malentendus réciproques et aux raideurs dogmatiques des deux bords. La liberté d'expression est trop précieuse pour que la défense en soit laissée aux « nouveaux » d'hier ou aux « nouveaux réactionnaires » d'aujourd'hui.

Le droit à la caricature, au blasphème est inaliénable. Pour autant, les caricatures incriminées sont sujettes à caution : non parce qu’elles représentent Mahomet au mépris des interdits de l’Islam, mais parce qu’elles en font le support d’une généralisation abusive. Se précipiter, au nom de la démocratie, au secours de caricaturistes médiocres maniant les pires préjugés, cela ne paraît pas, en tout cas, favorable au maintien et au rayonnement de la démocratie même.

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Vient de paraître , aux éditions du CNRS, dans la revue Hermès, un dossier


coordonné par Pascal Durand (ULg) et Marc Lits (UCL)

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Pour une information et des médias pluralistes

Appel à des États généraux

Nous en appelons à tous les citoyens attachés à une information indépendante et pluraliste, aux journalistes, créateurs et salariés des médias, aux acteurs des médias associatifs, aux intermittents et précaires de tous les métiers de l’information et de la culture, aux militants et responsables des mouvements syndicaux, associatifs et politiques, aux mouvements d’éducation populaire, à toutes celles et à toux ceux qui entendent résister à l’information et à la culture mercantiles

Pour que se tiennent, localement et nationalement, des

États généraux pour une information et des mÉdias pluralistes

Des États Généraux, pourquoi ?

1. Pour remplir leur fonction démocratique, les médias devraient être soustraits à l'emprise directe des pouvoirs économiques et politiques. Or ce n’est manifestement le cas ni des médias privés, ni des médias publics. Les logiques financières qui prévalent dans les premiers ont désormais gagné les seconds, au point que le secteur public ne semble devoir son maintien qu'à la perpétuation de sa dépendance politique.

La concentration des médias, livrés à des groupes liés à des empires industriels, à des fonds de pension et au secteur bancaire dont le principal objectif est de répondre aux attentes de leurs actionnaires, compromet gravement la qualité et la diversité de l’information, du divertissement et de la culture.

Elle incite les groupes de presse qui ne dépendent pas directement des groupes les plus puissants à se battre contre eux avec les mêmes armes sur le même terrain.

Elle entraîne une course à la rentabilisation qui se traduit par une précarisation vertigineuse des métiers de l’information et de la culture, par la subordination croissante des journalistes à leur hiérarchie, par l’assujettissement de plus en plus étroit des programmes et de tous les producteurs d’information et de culture aux impératifs imposés par les diffuseurs et par les publicitaires.

Acteurs de la mondialisation libérale et de la dérive ultralibérale de l’Europe, la plupart de grands médias en sont, par éditorialistes et chroniqueurs interposés, les propagandistes. Au mépris de la diversité des opinions et des aspirations de leurs lecteurs, auditeurs et téléspectateurs. Mais quand le pluralisme est mutilé, c’est la démocratie qui dépérit.

Le secteur public de l’audiovisuel ne fait pas exception, bien au contraire. Assujetti à la publicité, parce que son financement public est insuffisant, il se condamne, face aux chaînes et stations privées, à les concurrencer avec les armes commerciales de la course à l’audience instantanée. Placé sous la tutelle de la majorité politique du moment, il en subit directement les pressions et les reprises en main périodiques. Comment, dans ces conditions, pourrait-il remplir son rôle de service public ?

2. Les pouvoirs publics, loin de garantir l’égalité du droit d’accès aux médias, le pluralisme de l’information et l’indépendance des journalistes :

- Favorisent les concentrations guidées par la recherche obsédante du profit maximal dans le délai le plus court, qui est la règle du marché ;

- Livrent l’audiovisuel et de larges secteurs de la presse écrite aux appétits des groupes adossés à des conglomérats industriels bénéficiant des marchés publics ;

- Maintiennent leur encadrement politique d’un audiovisuel public, privé des moyens financiers de son indépendance ;

- Pérennisent un système d’aide à la presse qui favorise les médias financièrement les plus puissants et les plus mercantiles ;

- Participent à la fragilisation des médias indépendants des grands groupes en s’attaquant aux services publics, comme celui de la Poste qui réserve ses tarifs préférentiels aux médias les plus lucratifs ;

- Se refusent à doter les médias sans but lucratif et, plus particulièrement, les médias associatifs, du statut juridique et de l’aide financière sans lesquels leur existence est compromise.

Des États Généraux, dans quel but ?

Par ces Etat généraux, nous entendons dresser un état des lieux des problèmes à résoudre, proposer des solutions, les soumettre à toutes les forces politiques et aux parlementaires.

Sans préjuger du résultat, nous entendons mettre en discussion les questions suivantes :

- L’information est un bien commun. Comment garantir les droits d’informer et les droits à l’information contre toutes les tentatives politiques et économiques de les confisquer ?

- Ces droits doivent être protégés par une législation et des moyens à la hauteur des enjeux : lesquels ? Comment préserver et refonder le service public de l’audiovisuel ?

- Comment garantir l’essor des médias associatifs, sauvegarder le potentiel non-marchand d'Internet, doter les médias à but non lucratif du statut et des moyens dont ils sont besoin ?

- Le droit à l’information est d’abord le droit à une information diversifiée dans tous les domaines : comment la garantir, et favoriser en particulier la qualité et la pluralité des informations économique, sociale et internationale ?

- Le droit à l’information suppose de nouveaux droits pour les journalistes et, plus généralement, pour les producteurs d’information indépendants : lesquels et comment les garantir ?

Des États généraux, comment ?

1. Nous appelons à des États généraux ouverts, décentralisés, pluralistes.

- Ouverts - La question du droit à l’information est une question trop sérieuse pour être abandonnée aux seuls responsables des médias : elle concerne tous ceux qui, professionnels ou non, journalistes ou pas, concourent à la production de l’information. Les journalistes, les salariés des médias et leurs syndicats ont besoin du concours de tous.

- Décentralisés - La question du droit à l’information ne doit pas être réservée à des porte-parole nationaux (et omettre les médias régionaux). C’est pourquoi le processus des Etat Généraux que nous souhaitons impulser doit combiner des échéances locales et des échéances nationales et privilégier les ateliers, les commissions, les séminaires de réflexion et de proposition, contre toute tentation de céder aux mirages de la personnalisation et du spectacle… médiatiques.

- Pluralistes - La question du droit à une information pluraliste n’est le monopole de personne. Les exclusives viendront de ceux qui refusent de s’y associer.

2. Nous souhaitons donner naissance, non à une nouvelle structure, mais à un processus, marqué par de échéances fortes. Nous appelons donc à une

Première session nationale des États Généraux pour des médias et une information pluralistes en 2006

Appel rendu public le 3 octobre - Dernière actualisation le 16 novembre 2005. Les nouvelles signatures enregistrées jusqu’ 27 octobre sont marquées d’un astérisque *, celles qui ont été enregistrées depuis de deux **.

Pour signer voir à la fin.

Associations et syndicats nationaux

ACJ (Association des cyber-journalistes)]

ACRIMED (Action Critique Médias)

Action Consommation

Appel et réseau pour une information impartiale et pluraliste

* Association des Journalistes pour la nature et l’écologie Association Faire Le Jour

Association JAL (Justice Action Liberté)

ATTAC

Casseurs de Pub

Confédération paysanne Corali (Association pour la Coopération des radios libres)

Emancipation Tendance Intersyndicale

FERC-CGT (Fédération de l’Education, de la Recherche et de la Culture)

FNVDPQ (Fédération Nationale des Vidéos de Pays et de Quartier)

* Fondation Copernic

FSGT (Fédération Sportive et Gymnique du Travail)

FSU (Fédération Syndicale Unitaire)

Les Pieds dans le Paf

* MNCP (Mouvement National des chômeurs et précaires)

OFM (Observatoire Français des Médias)

OMOS (Observatoire des Mouvements de la Société)

RACCFC (Rassemblement des auditeurs contre la casse de France Culture)

Raisons d’agir R.A.P. (Résistance à l’agression publicitaire)

* Réunification syndicale

SCAM (société des auteurs multimédias)

SIPM-CNT (syndicat interprofessionnel de la presse et des médias)

SNJ (Syndicat National des Journalistes)

SNJ-CGT (Syndicat National des Journalistes-CGT)

* SNTR-CGT (Syndicat National des Techniciens et Réalisateurs)

Stanzo asssociation

Sud Culture

Sud Education

* Sud Santé Sociaux

UFAL (Union des Familles Laïques)

Union Syndicale Solidaires

URFIG (Unité de Recherche, de Formation et d’Information sur la Globalisation)

Voir&Agir

* Avec le soutien de la FEJ (Fédération européenne des journalistes)

A suivre...

Syndicats d’entreprise, associations et syndicats locaux (Communes, départements, régions)

Amis du Monde Diplomatique du Bas-Rhin - Attac Pays d’Aix - Collectif de la Région Rouennaise d’Observation des Médias - Collectif Kraken-Art - * Association « Carrefour des citoyens » de l’Isle sur la Sorgue - *Association « Imagine la paix » (La Réunion) - * Association Oniros (Association française pour l’étude du rêve) - * Attac Littoral Nord - * Comité Attac des Vosges - Comité régional CGT Franche-Comté - * Consom’Solidaire (Paris) - * Coordination des intermittents et précaires d’Ile-de-France - * Indigènes de la République 37 - Les Inattendus (Lyon) - ** Le Café Politique (à Balma et dans l’Est Toulousain) - Les Pieds dans le Paf Loire Atlantique - * Next-up - Observatoire bisontin des médias - Observatoire nantais des médias - Observatoire grenoblois des médias (Ogremed) - * Pigistes et Isolés - Journalistes CGT (région parisienne) - * Réseau des Bahuts - SNJ-CGT France-télévisions - SNJ-CGT Radio France - SNJ-CGT AFP - SNJ-CGT de France 2, de France3, de RFO - ** SNRT CGT Radio France - Sud-Radio France - Sud-AFP. - SUD Auto Peugeot-Citroën Aulnay - Sud PTT44 de la Dirr - Sud Santé Sociaux de l’Isère - Spasmet-solidaires (Syndicat des Personnels Assurant un Service Météo) - Syndicat Filpac-Cgt de la SPPS - * Syndicat National Sud Intérieur - * Union des familles laïques du Rhône.

A suivre...

Médias associatifs et coopératives

* A contre courant - AdiuTV - Aligre Fm - Altermonde-le Village - * Anamorphose (Toulouse) - Arts Borigènes Prod - * Association Ecolonews - Association Les Musicophages (Toulouse) - * Association L’Homme imaginaire (Saint-Etienne) - ** Association « Only French » - Association Ratalix (Editions) - Association Rebond pour la Commune -Canal ti zef - * CLAP 36, association de promotion du cinéma documentaire indépendant - Collectif Bellaciao - Co-Errances -CQFD - Cuverville (Toulon) - * Ecole des métiers de l’information-CFD (EMI-CFD) - Fréquence Paris Plurielle (Paris) - * Grenouille news - * Images et Paroles Engagées (Marseille) - ** Impatience Démocratique, région d’Anduze (Gard) - * Interluttants - L’Agitateur de Bourges - * L’Atelier 120 - La Lettre les alternatifs (Loire Atlantique)-* Sans Canal Fixe, collectif de réalisateurs (Tours) - * La rédaction du Périgourdin - La televisionpaysanne.org - L’Accroche (Montpellier) - * Le Zebre - Musicologie.org - Passerellesud(Nord - Pas de Calais) - Primitivi(Marseille) - Radio Air Libre (Bruxelles) - ** Radio Ici & Maintenant ! 95.2 Paris / Ile-de-France - Radio Riv’Nord -RAS- Réseau Associatif et Syndical - Rézocitoyen (Nantes) - * TAM Attitudes Production - Telebocal - * Télécombrailles - Teleplaisance - Tv Bruits (Toulouse) - * Vox populi - Zalea TV - Zapito (Rouen)

A suivre...

Soutiens politiques

Associations et partis ...

Alter

La Ligue communiste révolutionnaire (LCR)

Le Mouvement Républicain et Citoyen (M.RC)

Le Parti communiste français (PCF)

Le Parti socialiste (P.S.)

Les Verts

Nouveaux soutiens : - Les Alternatifs - Union des républicains radicaux (U2R) - Union des Etudiants Communistes - Alternative Citoyenne-La Gauche Autrement en Basse Normandie - * Alternative Couleur Citoyenne (Tours) - Association Egalité Jeunes Socialistes - Association La sociale - Association UNIR - Cercle Bolivarien de Paris - - Civimed Initiatives (Strasbourg) - * Collectif judéo-arabe et citoyen pour la paix (Strasbourg) - * Coordination de l’Appel de Strasbourg - Coordination pour une Politique Altermondialiste dans le 95 - Forum mondial des alternatives - * Le MARS (Mouvement pour une Alternative Républicaine et Sociale) - * Le Mouvement PACTES (Pour des Assises Citoyennes de la Transformation Ecologique et Sociale) - PCA Hebdo - * Pour une démarche socialiste - ** Le Groupe socialiste des entreprises des métiers de la Culture et des Médias.

Responsables et élus

Députés : Alain Bocquet (Président du Groupe communiste et républicains) - Marc Dolez (PS - Nord) Frédéric Dutoit (PC - Bouches-du-Rhône) - Jacqueline Fraysse (PC - Hauts-de-Seine) - David Habib (PS - Pyrénées-Atlantiques) - Janine Jambu (PC - Hauts-de-Seine) - Daniel Paul (PC - Seine-Maritime)

Sénateurs : Yves Coquelle (PC - Pas-de-Calais) - Annie David (PC - Isère) - Michelle Demessine (PC - Nord)

Députés européens : * Guy Bono, député européen (P.S) - Françoise Castex, députée européenne PS -

Elus locaux et régionaux : * Eddie AIT Conseiller Régional d’Ile-de-France (PRG) - Francis Parny, vice président PCF du conseil régional île de France. - * Pascale Pavy, Conseillère Régionale, Bailleul(59) - Georges Sarre, maire MRC du 11ème arrondissement de Paris - Serge Vray, Maire de Chenereilles, Conseiller Général de la Loire. -

A suivre...

Dernière actualisation le 16 novembre 2005. Les nouvelles signatures enregistrées jusqu’ au 27 octobre sont marquées d’un astérisque *, celles qui ont été enregistrées depuis de deux **.

Le site de l’Appel - Sur ce site la liste des signatures individuelles et celle des premiers journalistes signataires

Prochaine actualisation : vers le 25 novembre.

POUR SIGNER CET APPEL :

Pour toutes les signatures individuelles, merci de recourir exclusivement à l’inscription automatisée sur le site de l’appel.

Page d’accueil : http://www.etats-generaux-medias.org/

Les signatures collectives (associations, collectifs, syndicats, formations politiques, etc.) et les signatures de journalistes sont reçues à l’adresse suivante (qui leur est exclusivement consacrée) : contact@etats-generaux-medias.org.

Merci de nous signaler à la même adresse les erreurs ou omissions.

Prochaine actualisation : vers le 25 novembre.

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Citation de Karl Kraus

"Censure et journal. Comment ne devrais-je pas trancher en faveur de la première? La censure peut étouffer la vérité à la longue, en lui enlevant la parole. Le journal étouffe la vérité à la longue, en lui donnant les mots. La censure ne nuit ni à la vérité ni au mot; le journal aux deux." ( Karl Kraus, in Jacques Bouveresse, Essais II. L'époque, la mode, la morale, la satire, Agone, 2001, P.39)

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RASSEMBLEMENT Le 9 Mai 2005:

Constitution européenne : Où est le débat dans les médias ?

à Quimper 18h devant la Mairie


Suite à notre dernière visite le 4 mai 2005 pour déposer un communiqué aux médias locaux (Ouest france , radio Breiz Izel , Le Télégramme ), nous n'avons constaté aucun relais . Aujourd'hui, après un rassemblement devant la mairie ( plusieurs organisations étaient représentées ), nous sommes allés à la radio Breiz Izel où nous n'avons pu prendre la parole, confisquée par de vieux briscarts locaux starisés . Sur place le dialogue suivant s'est établi : -Bonjour nous voudrions vous donner le texte de l'appel de l'Observatoire Français des Médias et le texte d'Acrimed -Non c'est fermé -C'est déjà prévu , l'interview en breton c'est à l'intérieur et en français à l'extérieur. Suite à quoi nous sommes sortis et une journaliste s'est empressée d'aller interviewver les vieux briscarts ( irrésistiblement attirés par le micro ) .

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L’entretien de Jean Sloover avec Pascal Durand

(dans Espace de libertés Bruxelles, septembre 2004)

le caillou de Spinoza

Lieux communs, information sélective, pensée unique, mythologie : la liberté de la presse a du plomb dans l’aile…

Sans la presse, que saurions-nous du monde ? Rien. Ou alors très peu. C’est dire la fonction cardinale des médias. Mais c’est suggérer aussi que ce que nous savons du cours des choses est tributaire de ce que la machine médiatique veut bien nous en relater : comme dans la caverne de Platon, des événements, nous ne percevons, par journalistes interposés, que leur ombre portée. Or qui sont-ils ces intermédiaires qui, de deadline en deadline, font profession de dire le siècle qui va ? Le plus souvent des hommes et des femmes ordinaires mais auxquels la corporation a offert une voie d’accès bon marché au pouvoir. Certes : se hisser hors les classes moyennes n’a rien d’une tare. Mais cet itinéraire n’est pas davantage un gage d’indépendance quand, à l’heure de la transformation des entreprises de presse en centres de profits, son accomplissement se paie au prix d’un renoncement à questionner les stéréotypes de la pensée dominante. C’est là notamment ce que soutiennent quelques-uns des chercheurs les plus pointus dans le domaine de l'analyse des méias : dans un ouvrage collectif (1) publié sous la direction de Pascal Durand (2), ils s’attachent à mettre au clair, et les processus qui formatent l’information, et les effets sociaux de cette orthodoxie qui, dans la plus grande discrétion, fabrique du consentement au nouvel esprit du capitalisme…

Jean Sloover : On appelle les médias le « quatrième pouvoir ». Mais vous soutenez qu’un autre pouvoir s’exerce sur les médias. Lequel ?Pascal Durand : L’expression de « quatrième pouvoir » est depuis trop longtemps la tarte à la crème du discours sur le système médiatique, qu’il s’agisse de dénoncer sa force d’intrusion dans le jeu des institutions ou, à écouter les journalistes, de célébrer sa vertu démocratique de nécessaire vigilance à l’égard du pouvoir. C’est trop d’indignité et trop d’honneur, et comme souvent cela conduit à simplifier la problématique au bénéfice des deux parties, pourfendeurs démagogiques de la presse ou professionnels prompts à se décerner à peu de frais un brevet de démocratie. Ce que les auteurs réunis par l’ouvrage ont en commun, c’est de faire au contraire le pari de la complexité, tout en s’attachant à étudier des cas concrets et à fournir, surtout, des instruments d’analyse au lecteur. Pour répondre dans cet esprit à votre question, le pouvoir dont les médias subissent l’emprise est double autant que diffus. D’un côté, il émane non du monde politique, comme on aime à le croire, mais pour l’essentiel du monde économique, dont les médias font partie : ce sont, plus que jamais, des entreprises soumises aux intérêts privés de grands groupes et à un principe de rentabilité et, par voie de conséquence, d’allégeance à la pensée économique dominante. On voit de plus en plus, aujourd’hui, de grands groupes industriels, dont la communication n’est pas la principale sphère d’intérêt, s’emparer de larges pans des appareils d’information. Voyez Dassault, Lagardère ou Ernest-Antoine Seillère. C’est que non seulement les médias (et plus largement l’édition) représentent un marché considérable, mais qu’ils constituent également d’efficaces relais des stratégies de ces groupes et des politiques dont ils ont besoin pour se déployer au moindre coût. D’un autre côté, le pouvoir qui s’exerce sur les médias émane des structures internes du système, en tant qu’elles sont incorporées par les agents qui y participent, au premier rang desquels les membres de l’élite journalistique, rédacteurs en chef, chefs de rubrique, éditorialistes, qui doivent leurs postes à leurs compétences professionnelles, sans doute, mais tout autant à la capacité qu’ils ont démontrée à rendre au système qui les emploie l’hommage que celui-ci attend d’eux : celui de la conformité à ses attentes, à ses valeurs, à ses enjeux. Tout champ social impose de telles formes de socialisation et les journalistes n’y échappent pas plus que les juristes, les professeurs d’université ou les hommes politiques. C’est ce que, avec Bourdieu, on appelle un « habitus », mixte d’habitudes et de réflexes acquis, de catégories de perception du monde et de formes d’action dans ce monde, procédant de l’incorporation par le sujet, sous forme de catégories cognitives, des structures de l’univers social dans lequel il opère.

Est-ce pour cette raison que l’on peut parler de censure dans les démocraties libérales où la liberté de la presse est constitutionnellement garantie ?

Il en va de la liberté de la presse, soit dit en passant, comme de l’égalité des citoyens : on a beau l’inscrire dans les textes, elle n’est rien qu’un vœux pieux ou, du moins, qu’une approximation abstraite quand on la confronte à la réalité pratique, où prédominent divers types de censure et des rapports de force inégaux. Mais vous voyez juste : le double pouvoir, externe et interne, qui s’exerce sur les médias est bien, selon nous, au principe de formes particulières de censure, qu’il faut entendre ici, non pas comme interdiction de dire ou de diffuser, ni comme volonté consciente de tronquer le réel, mais comme obligation de parler en un certain sens, par adhésion spontanée à la vision du monde que notre appartenance à ce monde détermine. Nul besoin ici de théorie du complot, ni d’ordres venus d’en haut : en chaque agent c’est dans une large mesure le système qui s’exprime et toute modification du système est susceptible d’infléchir la parole qu’il dicte. Cette vision des choses se heurte, il est vrai, à bien des résistances. Nous avons fort bien intégré l’idée que notre conscience n’est pas totalement transparente à elle-même. Après tout, l’autre qui parle en nous et guide nos pulsions c’est encore un autre nous-même, obscur certes, mais chevillé à notre individualité. Nous opposons par contre une formidable résistance à l’idée que nos contenus de conscience, nos actes soient en large partie déterminés par les structures sociales. Freud oui, Marx non. Lacan oui, Bourdieu non. Spinoza écrit quelque part que le caillou qu’on vient de lancer, s’il se mettait à penser en plein vol, serait persuadé qu’il vole de sa propre volonté Les journalistes, comme vous et moi, sommes des cailloux pensants de cette sorte : persuadés de penser, d’agir librement, là où nous suivons l’impulsion qui nous est donnée par la logique sociale dont nous relevons.

N’est-ce pas là donner dans un déterminisme radical ?

Déterminisme, oui, mais dans la mesure où reconnaître les forces qui s’exercent sur nous, de l’extérieur comme de l’intérieur, permet, aussi, d’en réduire l’emprise ou de ruser avec elles. L’effort de connaissance, sans se raconter d’histoires, est la seule énergie que nous puissions opposer aux routines qui nous oppriment.

Le sous-titre de l’ouvrage est « figures de l’orthodoxie ». De quelle orthodoxie s’agit-il ?

Du fait que le pouvoir que les médias subissent est double – externe et interne –, l’orthodoxie est double elle aussi. Plus exactement, une orthodoxie tend à redoubler l’autre. D’un côté, conformité aux catégories journalistiques de perception et de construction du monde : prime donnée à l’événementiel et à l’individualisation des actions et des faits, contre les structures d’occurrence des événements et les phénomènes sociaux. Le journaliste est cette conscience pour laquelle le monde n’est fait que de choses qui arrivent et de personnes qui concertent ces choses. Rien là de pendable, certes, mais il faut bien voir que le pouvoir de représentation que détiennent les médias leur permet d’imposer leurs normes particulières de vision à l’ensemble des citoyens et, en particulier, aux décideurs, grands consommateurs de journaux. De là la réduction croissante du discours politique à un ensemble de « petites phrases », formatées pour et par la presse. De là aussi que le commentaire politique, dans la presse d’aujourd’hui, tend de plus en plus à se ramener à un ensemble de petits potins, de stratégies de coulisse, de rapports de rivalité interpersonnelle. Nous sortons d’élections. De quoi a-t-il été question dans la presse dite sérieuse ? De programmes, d’idéaux, de projets ? Non : de Joëlle, Elio et Louis, et de la question de savoir s’il y a eu ou non, auparavant, contrat d’alliance passé devant notaire.

Noam Chomsky soutient que la fonction des médias est la « fabrication du consentement ». Cela signifie quoi ?

De son point de vue, que les médias dominants, étant placés directement sous la coupe du pouvoir, imposent une pensée favorable à l’idéologie dominante. Du point de vue collectif de l’ouvrage, cela renvoie, plus structurellement, à la seconde forme d’orthodoxie à l’œuvre dans les médias. Dès lors en effet que ceux-ci sont « managés » comme des entreprises, les principes de rentabilité, d’efficacité, de lisibilité rapide viennent renforcer et accélérer les effets des normes journalistiques de vision et de construction du monde représenté. L’audimat est le symbole même de ce renforcement, comme aussi le pouvoir grandissant de la télévision et de l’information en continu, qui n’autorise guère le travail de recoupement et d’investigation sérieuse. Un journalisme de marché ne peut qu’être favorable à une pensée de marché. Une presse soumise à un impératif de rendement rapide et employant pour l’essentiel des journalistes précaires ne peut qu’activer des réflexes d’écriture dans lesquels le stéréotype, le cliché, le lieu commun ont la part belle. Il suffit de quelques secondes, de quelques mots pour faire savoir et croire que la résistance en Irak est le fait de terroristes. Il faut beaucoup de temps, d’arguments pour expliquer ce qu’il en est sur le terrain et en quoi celui-ci est un lieu d’affrontements entre puissances internationales. Le stéréotype, outil de la pensée pressée plus encore que de la pensée servile, est par nature favorable aux idées qui dominent dans un état donné de société. D’où la nécessité, à laquelle nous appelons exemples à l’appui, d’une lecture attentive, critique du discours médiatique, où c’est parfois dans le non-dit ou dans la façon de dire, plus que dans le contenu de pensée, que se loge ce qu’il est convenu d’appeler l’idéologie. Je me souviens d’une interview d’Elio di Rupo dans Le Soir. Di Rupo venant d’argumenter en faveur d’une défense des services publics, le journaliste, très spontanément, lui a demandé s’il voulait faire de la Wallonie une nouvelle Albanie. Tout est là résumé : la pensée binaire et caricaturale (Albanie vs Démocratie libérale), le réflexe d’allégeance à l’égard du Marché comme principe conducteur de la vie publique et, on peut le regretter, le fait que le Président du PS ait accepté de répondre à une telle question.

Plaidez-vous pour le retour d’une presse d’pinion classique ?

L’opposition entre presse d’information et presse d’opinion est une autre distinction largement mythique. L’ordre des faits rapportés n’est pas un donné : il est ordonné par une représentation du monde, des processus de sélection et de mise en forme qui ne sont jamais neutres. Le site Acrimed en donne un magnifique exemple. Le Monde, ainsi, titrait récemment : « Les syndicats cherchent le bras de fer avec le gouvernement ». Inversez la syntaxe et le contenu change du tout au tout : « Le gouvernement cherche le bras de fer avec les syndicats ». Bref, pas de proposition sans prise de position. Mais si vous tenez à cette distinction, je ferai observer qu’en Wallonie la plupart des journaux qui ont disparu dans les vingt dernières années appartenaient à la presse dite progressiste et qu’il ne reste plus donc, à s’en tenir à la presse dominante, qu’un journal de droite démagogique (La Dernière Heure), un journal chrétien conservateur (La Libre Belgique) et un journal d’establishment (Le Soir). Faut-il appeler de ses vœux la renaissance d’une presse de gauche ? On a vu ce qu’a duré Le Matin. La question à se poser est plutôt celle-ci : si la presse d’information est essentielle à la vie démocratique – et j’en suis convaincu, ne serait-ce que parce que le journal est cette institution par laquelle toutes les institutions se parlent et ont accès à l’espace public –, est-il normal qu’une telle institution soit soumise au jeu des intérêts privés ? Autrement dit, ce que j’appelle de mes vœux, c’est une déprivatisation de la presse et une solide formation critique des aspirants au journalisme. Mais ici, bien sûr, les journalistes vont me brandir l’exemple de la «Pravda ». Preuve, s’il en fallait encore une, qu’il leur est bien difficile de penser en dehors des oppositions sommaires.

(1) Pascal Durand (sous la dir. de), Médias et Censure. Figures de l’orthodoxie, Liège, Editions de l’Université de Liège, coll. «Sociopolis », 2004, 243 pages, ISBN 2-930322-70-5. Contributions d’Alain Accardo, Fabrice Baguette, Patrick Champagne, Noam Chomsky, Michel Collon, Michel Delage, Henri Deleersnijder, Pascal Durand, Geoffrey Geuens, Serge Halimi, Armand Mattelart, Erik Neveu, Eric Piscart, Pierre Rimbert, Christine Servais.

(2) Pascal Durand est professeur à la Faculté de Philosophie et Lettres de l’Université de Liège.

(interview reproduite avec l'autorisation de Pascal Durand et Jean Sloover) également en ligne sur le site


Lire aussi:

_ Actes de la recherche en sciences sociales, 131-132, Le journalisme et l'économie Seuil, 2000

_ Bourdieu Pierre, Langage et pouvoir symbolique Seuil, 2001

_ Bourdieu Pierre, Sur la télévision, Raisons d'agir, 1996

_ Bouveresse Jacques, Schmock ou le triomphe du journalisme La grande bataille de Karl Kraus Seuil, 2001

_ Champagne Patrick, Faire l'opinion Le nouveau jeu politique Minuit, 1990

_ Charle Christophe, Le siècle de la presse 1830-1939, Seuil, 2004

_ Duval Julien, Critique de la raison journalistique les transformations de la presse économique en France, Seuil, 2004

_ Halimi Serge, Les nouveaux chiens de garde, Raisons d'agir, 1997


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à lire: Pascal Durand et Anthony Glinoer


Éditions Les Impressions Nouvelles